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Le BHV face à un verdict qui pèsera sur 700 emplois

Le tribunal des activités économiques de Paris dira bientôt si le grand magasin peut être placé en redressement judiciaire. Direction et salariés espèrent…

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Le BHV face à un verdict qui pèsera sur 700 emplois

Le tribunal des activités économiques de Paris dira bientôt si le grand magasin peut être placé en redressement judiciaire. Direction et salariés espèrent cette procédure pour éviter une issue plus brutale.

Le sort du BHV se joue désormais devant la justice. Après une audience à huis clos consacrée à sa situation financière, le tribunal des activités économiques de Paris doit rendre sa décision dans les jours qui viennent. L’enjeu est simple et lourd à la fois. Le grand magasin du cœur de Paris, institution depuis 170 ans, emploie 700 personnes avec son site de Parly 2. Direction comme représentants du personnel réclament un placement en redressement judiciaire de la société qui regroupe ces activités. Une procédure qui ouvrirait une période d’observation de six mois, renouvelable six mois, pour étudier si un redressement est possible.

La direction avait d’abord annoncé une demande déposée auprès du tribunal des activités économiques de Lyon. Objectif affiché, préserver l’activité et l’emploi et sécuriser un plan de relance. Elle a aussi reconnu que l’enseigne était en faillite, alors qu’elle affirmait encore récemment ne pas être en cessation de paiement. Ce choix de Lyon était lié à une assignation de créancier ouverte plusieurs mois plus tôt dans cette juridiction. Finalement, la demande n’a pas été déposée à Lyon et l’entreprise s’est tournée vers Paris.

L’audience parisienne s’est tenue à la demande du parquet. Celui-ci avait été alerté ces derniers mois par l’inspection du travail, qui soupçonnait déjà une cessation de paiement. Un élu parisien avait aussi signalé des manquements en matière de sécurité du bâtiment et l’absence de paiement de cotisations sociales. À la sortie du tribunal, les représentants du personnel n’ont pas souhaité s’exprimer publiquement. Ils ont décrit une ambiance lourde et une direction qu’ils accusent de préférer communiquer ailleurs qu’auprès des salariés.

Un redressement judiciaire ne signifie pas automatiquement une fermeture. Il ouvre une phase d’examen. Au terme de celle-ci, le tribunal pourra autoriser la poursuite de l’activité avec un plan de redressement, retenir un repreneur via un plan de cession ou prononcer une liquidation. Tout dépendra de la solidité des projets présentés et des moyens disponibles. Le BHV a été revendu à perte en juin à un chef d’entreprise lyonnais. Depuis, l’enseigne enchaîne les turbulences.

Ces derniers mois, un plan de relance avait été dévoilé pour remettre le grand magasin à flot. Il s’est heurté à un manque de trésorerie, lié notamment à un différend avec le fonds canadien propriétaire des murs, qui conteste fermement cette version. L’adjoint au maire de Paris chargé de l’emploi a exigé que les salariés ne soient pas les variables d’ajustement d’une gestion défaillante. Les représentants du personnel ont estimé qu’une poursuite avec les dirigeants actuels était vouée à l’échec. À leurs yeux, seul un projet de reprise solide et bien financé pourrait maintenir l’activité et sauvegarder une partie des emplois.

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