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Gadi Eisenkot parie sur la sobriété pour bousculer Benjamin Netanyahu
Il avance à contre-courant du style très médiatique de Benjamin Netanyahu et mise sur une image de sérieux tranquille. Gadi Eisenkot promet de rassembler…

Il avance à contre-courant du style très médiatique de Benjamin Netanyahu et mise sur une image de sérieux tranquille. Gadi Eisenkot promet de rassembler les Israéliens et décline déjà des engagements précis sur Gaza, la justice ou le service militaire.
Ancien chef d’état-major, Gadi Eisenkot a construit une campagne à l’opposé de celle de Benjamin Netanyahu. Là où le Premier ministre excelle dans la communication politique et les passages sur les télévisions américaines, le général de 66 ans cultive une présence discrète. Vêtu le plus souvent de noir, peu à l’aise en anglais, il a écarté les interviews avec les médias étrangers. Dans la presse israélienne, il préfère des réponses courtes, parfois sous forme de listes à puces, un réflexe hérité de sa carrière militaire.
Cette réserve pourrait devenir son meilleur atout. Après des années de polarisation, une partie de l’électorat aspire surtout à un retour au calme. La classe moyenne cherche une figure responsable, quitte à ce qu’elle paraisse ennuyeuse, et Eisenkot correspond à cette demande. Il a terminé sa campagne avec des appels à l’unité, promettant de rassembler ceux qui ont voté pour lui comme ceux qui ne l’ont pas fait. Sa popularité s’appuie aussi sur une forte sympathie liée à la mort de son fils Gal et de deux neveux pendant la guerre à Gaza.
Il est au coude-à-coude avec Benjamin Netanyahu dans les sondages. Il veut redorer l’image d’Israël à l’étranger, abîmée par la guerre dévastatrice à Gaza et par la multiplication des violences de colons en Cisjordanie occupée. Mais il n’est ni pacifiste ni propalestinien. Pendant la campagne, il a ressorti d’anciennes déclarations où Netanyahu se disait ouvert, sous pression américaine, à un Etat palestinien. Eisenkot s’y oppose de front.
Son passé militaire pèse aussi. Au Liban, lors de la guerre de 2006 contre le Hezbollah, il a été l’un des artisans de la doctrine de Dahiyé, du nom du fief du mouvement soutenu par l’Iran en banlieue de Beyrouth, largement bombardé sous son commandement. Cette stratégie de représailles massives partait de l’idée que le Hezbollah cachait armes et combattants au milieu des habitants et des infrastructures civiles. Elle a ensuite été appliquée à Gaza.
Ses origines ajoutent une dimension inédite. Fils de juifs marocains élevé dans un milieu modeste à Eilat, dans le sud d’Israël, il pourrait devenir le premier chef de gouvernement séfarade. Cela le distingue de Netanyahu, produit de l’élite ashkénaze historiquement dominante. Le sujet est revenu au premier plan quand un commentateur proche de Netanyahu l’a qualifié de singe manipulé par des élitistes ashkénazes. Ces propos ont été vus comme une attaque raciste et condamnés, y compris par Netanyahu.
Sur le fond, il a promis de mettre fin au pouvoir du Hamas à Gaza dans les 18 mois s’il devient Premier ministre. Il veut aussi une commission nationale d’enquête sur les défaillances sécuritaires qui ont permis l’attaque sanglante du 7 octobre 2023, réclamée par de nombreux Israéliens. Il entend limiter les exemptions au service militaire dont bénéficient les ultra-orthodoxes, et promet de protéger l’indépendance judiciaire, l’Etat de droit, les droits des minorités et la liberté de la presse. À Tel-Aviv, il a assuré à des militants LGBTQ+ qu’il renforcerait leurs protections légales. Devant des représentants du sionisme religieux, il a défendu la colonisation en Cisjordanie occupée, à condition qu’elle respecte la loi israélienne, ce qui semble exclure les avant-postes non autorisés, souvent des tentes ou des caravanes où vivent les colons les plus radicaux.
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