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Trump mise tout sur Trump, au risque de couler son propre camp

Le président américain sillonne le pays pour défendre sa majorité avant les élections de mi-mandat. Avec une popularité au plus bas depuis 1946, sa…

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Trump mise tout sur Trump, au risque de couler son propre camp

Le président américain sillonne le pays pour défendre sa majorité avant les élections de mi-mandat. Avec une popularité au plus bas depuis 1946, sa présence pourrait toutefois coûter cher aux républicains.

Depuis des semaines, Donald Trump enchaîne les meetings presque chaque jour, convaincu que personne d’autre que lui ne peut faire vibrer l’électorat Maga. Lors d’une convention républicaine, il a même demandé à ses partisans de voter comme s’il figurait lui-même sur le bulletin, « juste une fois de plus ». Une façon de rappeler qu’il se voit comme la réponse à tous les maux de son parti. « Trump est convaincu qu’il est la solution à tous les problèmes du Parti républicain », résume Peter Loge, directeur de l’école des médias de l’université George Washington.

Le pari reste risqué. Sa cote de popularité est la plus faible jamais enregistrée pour un président à l’approche d’élections de mi-mandat depuis 1946. Et le camp au pouvoir a l’habitude de perdre des sièges lors de ce scrutin de milieu de mandat. « Globalement, la présence de Donald Trump dans les campagnes électorales risque plutôt de nuire aux républicains », analyse le spécialiste. Le milliardaire peut certes mobiliser son socle, mais « il n’y a tout simplement pas assez d’électeurs fidèlement trumpistes pour faire la différence ». Signe de cette inquiétude, son camp redoute de perdre la Chambre des représentants comme le Sénat, et Trump a modifié son programme pour multiplier les rassemblements dans des États pourtant considérés comme des bastions républicains, le Texas en tête.

Le ton s’est durci au fil de la campagne. Le président a qualifié le candidat démocrate Abdul El-Sayed de « jihadiste », lancé des insultes transphobes contre une autre candidate démocrate et accentué ses attaques contre les médias. Ses interventions partent aussi souvent dans tous les sens, avec des digressions récentes sur le postérieur « musclé » d’un sénateur de l’Ohio ou le « beau cul » de la rappeuse Nicki Minaj. Si ces sorties font applaudir une partie de la salle, elles semblent éloigner un nombre croissant d’électeurs, qui pourraient choisir de rester chez eux le jour du vote.

Autre levier, les promesses financières. Trump a assuré qu’il verserait 5.000 dollars à chaque Américain adulte en cas de majorité républicaine au Congrès, une mesure dont la légalité interroge et dont le coût est estimé à 1.000 milliards de dollars. Il a aussi ciblé les électeurs touchés par la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre avec l’Iran, en évoquant des aides aux agriculteurs ou un allègement des sanctions contre le Canada pour soutenir les villes frontalières.

Reste une question de fond, la réaction de Donald Trump en cas de défaite de son camp. Il a déjà prévenu qu’il ordonnerait un recours judiciaire pour contester le résultat de l’élection sénatoriale en Alaska si le sénateur sortant venait à perdre. Il a aussi promis un million de dollars à quiconque fournirait des informations sur une fraude électorale débouchant sur une condamnation. De quoi raviver le souvenir de 2020, quand il avait refusé d’admettre sa défaite. « J’ai du mal à croire que le président Trump disparaisse discrètement de la scène », conclut Peter Loge.

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