Europe
Le Conseil de l’Europe défend le droit de manifester face aux mesures sécuritaires
Face aux tensions et aux violences autour des manifestations, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe demande aux États de protéger la…

Face aux tensions et aux violences autour des manifestations, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe demande aux États de protéger la liberté de réunion pacifique. Il plaide pour un maintien de l’ordre fondé sur le dialogue et la désescalade.
Michael O’Flaherty, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, adresse un message clair aux États confrontés à des protestations parfois violentes. Il leur demande de garantir la liberté de réunion pacifique et de veiller à ce que l’encadrement policier reste conforme aux droits humains. Son mot d’ordre tient en une idée simple. Dans le maintien de l’ordre, le dialogue et la désescalade doivent primer.
Les mobilisations attendues en France, en Albanie, en Italie et en Espagne donnent à cet avertissement une actualité concrète. Elles s’inscrivent dans un contexte de mobilisation de la jeunesse, d’inquiétude sur le pouvoir d’achat et de mécontentement envers les gouvernements. Dans plusieurs pays, des rassemblements récents ont dérapé et les réponses officielles se sont surtout concentrées sur l’ordre public.
La France a mis en place des couvre-feux partiels, interdit plusieurs manifestations et prévu un dispositif sécuritaire lourd, avec des militaires mobilisés. L’Italie a aussi déployé des soldats. La Première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni a adopté un décret sécuritaire qui assouplit les règles de détention pour les mineurs.
Pour Michael O’Flaherty, la police peut légitimement intervenir contre les pillages et les émeutes, et assurer la sécurité des personnes. Mais l’usage de la force doit rester strictement nécessaire et toute allégation d’abus doit être examinée rapidement. La privation de liberté ne doit jamais servir à intimider ou à dissuader une manifestation pacifique. Les autorités doivent aussi tenir compte de l’âge et de la vulnérabilité des enfants.
Il met en garde contre le recours à des militaires pour le maintien de l’ordre lors des manifestations, qu’il juge problématique au regard des droits humains. Et il rappelle que des violences commises par des personnes ou des groupes ne peuvent justifier des restrictions arbitraires, des interdictions générales ou la dispersion de tout un rassemblement. Le Conseil de l’Europe, basé à Strasbourg, réunit les 46 pays signataires de la Convention européenne des droits de l’homme.
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