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Le virus Shamonda atteint l’humain pour la première fois

Un patient très immunodéprimé est décédé après avoir été infecté par le virus Shamonda, jusqu’ici connu chez les animaux d’élevage. Les autorités…

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Le virus Shamonda atteint l’humain pour la première fois

Un patient très immunodéprimé est décédé après avoir été infecté par le virus Shamonda, jusqu’ici connu chez les animaux d’élevage. Les autorités sanitaires parlent d’un cas exceptionnel et ne voient aucun risque particulier pour la population générale.

Le virus Shamonda a été repéré pour la première fois chez une personne. La contamination concerne un patient hospitalisé à Lyon pour une maladie très grave, avec des défenses immunitaires quasi absentes. Son état s’est dégradé pendant une hospitalisation marquée par des symptômes neurologiques. Un séquençage génomique a ensuite confirmé la présence du virus. Le patient est décédé. Les autorités sanitaires décrivent un cas exceptionnel, survenu chez quelqu’un de fortement immunodéprimé. Elles insistent sur un point. L’état de cette personne ne permet pas de tirer des conclusions pour la population générale, ni même pour les personnes immunodéprimées.

La question porte maintenant sur l’origine de l’infection. L’hypothèse privilégiée est une piqûre de moucheron du type culicoïdes dans l’est de la France. Le virus circulait chez les animaux dans cette zone. La personne décédée n’était ni éleveur, ni agriculteur, et n’avait pas de lien immédiat avec des bovins dans son entourage proche. Les autorités internationales suivent le dossier. Elles cherchent à mieux comprendre la source de l’infection, les voies de transmission possibles et un éventuel risque pour la santé publique. Les investigations cliniques, biologiques et épidémiologiques se poursuivent, avec des expertises en santé humaine, animale et environnementale.

Pour le grand public, le message reste rassurant. Aucun risque sanitaire n’est identifié à ce jour pour la population générale au regard des connaissances disponibles. Rien ne laisse penser, sur le plan épidémiologique, que le virus passe d’un humain à un autre. Les données scientifiques ne documentent pas non plus de transmission par la viande, le lait ou des produits dérivés. Les produits issus d’animaux malades sont d’ailleurs toujours écartés de la consommation.

Le Shamonda appartient à la famille des orthobunyavirus. Il circule depuis des décennies en Afrique et en Asie. Jusqu’à ce cas, il était considéré comme non transmissible à l’être humain. Le virus a aussi été identifié en Europe, notamment dans des exploitations bovines françaises. Une nouvelle combinaison génétique, proche des virus nigérians, a été décrite. Les spécialistes ignorent encore comment il a émergé. Le virus détecté chez le patient n’a pas muté par rapport à celui trouvé chez les animaux.

La diffusion du virus en Europe est rapide. Quatorze pays d’Europe de l’Ouest sont touchés. En France, il circule dans 52 départements chez les bovins. On le trouve aussi, dans une moindre mesure, chez les ovins dans deux départements et chez les équins dans un département. Ce cas humain rappelle le poids des zoonoses, ces maladies infectieuses qui passent des animaux aux humains. Une proportion élevée, environ 75 %, des maladies infectieuses émergentes touchant les humains vient d’animaux. La croissance démographique et la mondialisation facilitent la circulation des agents pathogènes. La déforestation et l’urbanisation rapprochent animaux et humains, ce qui favorise le passage de maladies.

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