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Le procès de l’explosion de la rue Trévise s’ouvre à Paris

La Ville de Paris et le syndic de copropriété répondent devant le tribunal correctionnel pour l’explosion au gaz qui a tué quatre personnes et fait…

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Le procès de l’explosion de la rue Trévise s’ouvre à Paris

La Ville de Paris et le syndic de copropriété répondent devant le tribunal correctionnel pour l’explosion au gaz qui a tué quatre personnes et fait environ 200 blessés. Près de 200 parties civiles attendent que les responsabilités soient clarifiées et que leurs préjudices soient reconnus.

L’audience correctionnelle s’ouvre à Paris. La Ville de Paris et le syndic de copropriété de l’immeuble sinistré y siègent comme personnes morales. Ils contestent les poursuites et demandent la relaxe. L’accusation leur reproche des homicides et des blessures involontaires. Autour d’eux, près de 200 parties civiles. Les débats doivent s’étaler sur sept semaines.

Le 12 janvier 2019, une explosion au gaz a éventré un immeuble de la rue Trévise, dans le IXe arrondissement, à quelques pas des Grands Boulevards. Une quinzaine d’autres bâtiments ont été abîmés. Voitures brûlées, vitrines arrachées, fenêtres soufflées. Le bilan est lourd. Quatre personnes sont mortes, dont deux pompiers arrivés sur place une dizaine de minutes plus tôt à cause d’une forte odeur de gaz. Environ 200 personnes ont été blessées et 400 ont été sinistrées.

Les expertises ont mis en lumière des fautes d’imprudence et de négligence de la Ville de Paris. Les juges d’instruction lui reprochent de ne pas avoir mené les recherches nécessaires pour comprendre l’affaissement du trottoir situé devant le porche. Ce trottoir avait été réparé plusieurs fois depuis 2015. C’est pourtant cet affaissement qui a provoqué la rupture brutale d’une canalisation de gaz, puis l’explosion.

Le syndic de copropriété est aussi renvoyé. Il aurait attendu avant de faire réparer le collecteur d’eaux usées de l’immeuble, alors qu’une fuite lui avait été signalée le 25 novembre 2015. Pour les magistrats instructeurs, les écoulements d’eau dans le sol ont affaibli le terrain. Ils y voient la seule cause possible de l’affaissement. Le sol ne jouait plus son rôle de soutien. La canalisation de gaz a cédé sous son poids, avec une rupture transversale à l’origine d’une importante fuite souterraine.

Deux rapports d’expertise ont été remis fin 2019 et en 2020. Une contre-expertise a suivi en 2023. Dans la procédure civile, d’autres analyses ont parfois abouti à des conclusions différentes. Un expert a pointé la responsabilité de GRDF. Le gazier n’a pas été poursuivi au pénal et s’est constitué partie civile.

Pour l’avocate de parties civiles Samia Maktouf, ce procès arrive trop tard. Elle y voit malgré tout une occasion pour les victimes d’être entendues, de comprendre les circonstances de l’accident et de faire reconnaître leurs préjudices. Les avocats de la Ville, Sabrina Goldman et Patrick Klugman, affirment la solidarité de la municipalité avec les victimes sans nier leur douleur. La Ville veut démontrer son innocence. Elle soutient que ses services ont agi avec diligence et professionnalisme et qu’aucun manquement de leur part n’est à l’origine de l’explosion.

Le tribunal correctionnel de Paris prend une mesure rare. Les débats seront diffusés en différé sur une web radio accessible aux victimes. La décision a été justifiée par l’ampleur nationale de l’affaire, le nombre de parties civiles, leurs difficultés de déplacement ou leur domicile hors d’Île-de-France, ainsi que par la durée des audiences. Seuls les procès des attentats du 13 novembre 2015, de Nice et du Mediator avaient déjà fait l’objet d’un tel dispositif.

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