Monde
À Ryad, les frappes des Houthis chamboulent le quotidien
Le conflit yéménite déborde désormais sur la vie de tous les jours en Arabie saoudite. Télétravail imposé dans les bureaux, écoles en ligne, aéroport…

Le conflit yéménite déborde désormais sur la vie de tous les jours en Arabie saoudite. Télétravail imposé dans les bureaux, écoles en ligne, aéroport fermé, la capitale s’adapte à une situation sous tension.
Le Kingdom Centre, ses 99 étages dressés au centre de Ryad, a imposé le télétravail à ses employés, « avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre ». La tour abrite notamment le bureau régional du Fonds monétaire international. Dans la capitale, les écoles prolongent elles aussi l’enseignement à distance, jusqu’en périphérie. Et l’aéroport de Ryad reste fermé, sans date de réouverture annoncée.
Le conflit qui oppose depuis 2014 le gouvernement yéménite soutenu par Ryad aux Houthis pro-iraniens s’est réveillé cet été après des années d’accalmie. Septembre a marqué un cran supplémentaire, avec la prise du littoral yéménite sur la mer Rouge et des attaques d’une ampleur inédite contre le royaume, visant ses installations pétrolières et ses aéroports. Une frappe sur l’aéroport de Ryad le 10 octobre a fait 13 morts et des centaines de blessés. L’enjeu pèse lourd, car octobre ouvre d’ordinaire la saison des grands rendez-vous, congrès et divertissements, qui attirent dirigeants et grands patrons.
Sur le front militaire, la coalition dirigée par Ryad a annoncé ses premiers décès depuis la reprise des hostilités en juillet. Un hélicoptère de reconnaissance AH-6i de la garde nationale s’est écrasé dans la région de Najran après une défaillance technique, tuant les deux officiers à bord. Les Houthis assurent de leur côté avoir abattu un hélicoptère Apache saoudien dans la même zone. Chaque jour, le royaume intercepte des drones ou des missiles.
Ces attaques ont mis au jour des failles dans la défense saoudienne, malgré des investissements massifs dans l’armement. Les appels à l’aide internationale, notamment américaine, sont restés largement sans réponse. L’Égypte, elle, s’est dite prête à lui porter assistance. Son Parlement doit se réunir en séance extraordinaire à la demande du président pour valider cette aide. Le Caire ne « cherche pas à jouer un rôle » dans les conflits régionaux, a expliqué Abdel Fattah al-Sissi, mais il serait « inconcevable » de rester immobile si l’Arabie saoudite est « lésée, ou que sa sécurité et sa stabilité sont menacées ». « Nous parlons uniquement de défense », a-t-il insisté, en appelant à l’arrêt des hostilités. L’Égypte ne s’est pas jointe au pacte de défense de La Mecque, scellé en août entre Ryad, la Turquie et le Pakistan.
Sur le sol yéménite, les combats continuent. Les dernières frappes saoudiennes ont tué 12 personnes, dont trois enfants, et blessé des dizaines dans le sud-ouest du pays, selon les combattants pro-iraniens. Ceux-ci accusent l’armée saoudienne, qui mène des raids quotidiens, d’avoir utilisé des « bombes à sous-munitions, interdites au niveau international ». L’Iran, pointé par Ryad et le gouvernement yéménite pour avoir « encouragé la récente escalade », nie toute implication et plaide pour un règlement politique. Téhéran a de nouveau proposé sa médiation, restée sans réponse ou rejetée par Aden.
À lire aussi

Faits DiversEn Ligne 6 joursMimi Marchand jette l’éponge en pleine audience, Karine Le Marchand vide son sac
SociétéEn Ligne 3 joursLa 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles
Faits DiversEn Ligne 6 joursDes pirates font dégivrer les frigos de centaines de supermarchés à distance
PolitiqueEn Ligne 5 joursFerrand ferme la porte au référendum qui contourne le Parlement
Faits DiversEn Ligne 22 heuresÀ Lille, la mairie forcée et l’Apple Store pillé
SociétéEn Ligne 6 joursUne mobilisation lycéenne qui dérape, incidents en série et fusillade dans un collège
ÉconomieEn Ligne 6 joursAir Corsica sort de trois jours de grève et remet ses pilotes en ligne
PolitiqueEn Ligne 6 joursLe budget 2027 arrive à l’Assemblée, et personne ne sait vraiment comment ça va finir
















