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L’agriculture décroche 500 à 700 millions pour se remettre debout en 2027

Le gouvernement promet une enveloppe de 500 à 700 millions d’euros pour le plan de relance agricole de 2027, après plus d’un milliard déjà débloqués en…

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L'agriculture décroche 500 à 700 millions pour se remettre debout en 2027

Le gouvernement promet une enveloppe de 500 à 700 millions d’euros pour le plan de relance agricole de 2027, après plus d’un milliard déjà débloqués en urgence. Le montant final dépendra des concertations avec les acteurs du secteur et des débats au Parlement.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une enveloppe comprise entre 500 et 700 millions d’euros pour financer le plan de relance agricole de 2027. Objectif affiché, aider la production à s’adapter au changement climatique, alors que la sécheresse et les canicules ont durement frappé les exploitations cet été. Le chiffre exact reste flou et dépendra des discussions menées avec les acteurs du monde agricole comme des débats parlementaires, puisque le budget de l’État pour 2027 est en cours d’examen à l’Assemblée nationale.

Ces 500 à 700 millions viennent s’ajouter à un premier effort déjà consenti. Sur le budget 2026, plus d’un milliard d’euros ont été mobilisés en mesures d’urgence pour un secteur malmené par la sécheresse, des canicules à répétition et la flambée du prix des carburants et des engrais, provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz depuis le printemps. Ce plan d’urgence a été financé essentiellement par des redéploiements de crédits prévus pour 2026, a précisé Sébastien Lecornu à sa sortie d’une réunion interministérielle tenue à Matignon. Le plan de relance, lui, s’appuie sur des crédits déjà inscrits dans la copie initiale du projet de budget 2027.

Le chef du gouvernement insiste sur un point. Un plan de relance ne fonctionne que s’il part du terrain, et c’est pourquoi les nouveautés seront incorporées au fur et à mesure par amendement, pour coller aux réalités. Les 500 à 700 millions d’euros constituent une somme indicative, rappelle-t-il, avec une contrainte budgétaire en ligne de mire, terminer à 5 % de déficit. Si les besoins devaient dépasser ce cadre, il faudrait trouver des économies ailleurs pour compenser. Les syndicats agricoles espéraient pour leur part une enveloppe au moins équivalente à celle du plan d’urgence.

Reste à savoir comment cet argent sera réparti. Les ministres n’ont pas détaillé la part déjà présente dans le projet de budget et celle qui passera par des amendements du gouvernement. Un dispositif est déjà acté, la prise en charge par l’État des intérêts sur jusqu’à 2 milliards d’euros d’encours de prêts bancaires, via un amendement. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a évoqué l’adaptation des bâtiments d’élevage à la montée des températures, qui suppose des investissements dès l’année prochaine pour éviter que des millions de volailles ne suffoquent dans les poulaillers du Grand Ouest l’été prochain. Le stockage de l’eau a également été abordé, avec un fonds hydraulique déjà doté de 60 millions d’euros dans le projet de budget, quand la loi d’urgence agricole adoptée cet été vise un doublement du stockage d’eau pour l’agriculture d’ici 2030.

La réunion a d’abord servi à passer au crible la consommation des crédits du plan d’urgence, présenté début septembre. Certains guichets d’aides tournent très bien, d’autres ont pris du retard, a reconnu Sébastien Lecornu. Les agriculteurs se plaignent notamment des délais de versement des aides liées au gazole non routier des tracteurs. Avec Serge Papin, le Premier ministre a aussi annoncé qu’il réunirait les distributeurs alimentaires avant l’ouverture, le 1er décembre, de leurs négociations tarifaires avec leurs fournisseurs industriels, avec l’espoir d’aboutir à un pacte de responsabilité.

Sur la Politique agricole commune, dont le renouvellement pour 2028-2034 se discute à Bruxelles, Sébastien Lecornu a répété qu’il était absolument indispensable qu’elle reste commune, avec des financements communs. La France est une grande puissance agricole et a vocation à exporter, a-t-il argumenté. Les États membres doivent s’entendre sur le budget de l’Union pour cette période, mais ils se divisent entre les frugaux, comme l’Allemagne, qui prônent des coupes, et d’autres, comme la France, qui réclament de nouvelles recettes.

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