Monde
Le Yémen promet la reconquête totale, les houthis resserrent l’étau autour de Taëz
Le pouvoir yéménite annonce une offensive pour reprendre l’ensemble du pays. Au même moment, les houthis coupent la route qui reliait encore Taëz au reste…


Le pouvoir yéménite annonce une offensive pour reprendre l’ensemble du pays. Au même moment, les houthis coupent la route qui reliait encore Taëz au reste du territoire et menacent d’asphyxier la ville.
Le chef du Conseil présidentiel yéménite, Rachad al-Alimi, a annoncé le lancement d’une opération militaire destinée à reprendre les territoires qui restent à reconquérir et à étendre l’autorité de l’État à l’ensemble du pays. Son communiqué promet rien de moins que la reconquête. La déclaration tombe à un moment où les combattants pro-iraniens, maîtres de vastes pans du territoire depuis 2014, dont la capitale Sanaa, viennent encore de gagner du terrain en s’emparant, en septembre, du littoral ouest le long de la mer Rouge.
Sur le terrain, l’écart entre l’ambition affichée et les moyens disponibles saute aux yeux. Les forces gouvernementales disposent notamment de capacités aériennes limitées, et Farea al-Muslimi, chercheur associé à Chatham House, qualifie cette annonce d’« insignifiante ». La promesse politique ne se traduit donc pas, pour l’instant, par un rapport de force nouveau.
Le mouvement houthi, lui, continue d’avancer. Il a coupé l’axe routier qui reliait Taëz, grande ville du sud-ouest désormais encerclée, à Aden, où siège le gouvernement reconnu par la communauté internationale. La prise de ce secteur et de l’axe d’approvisionnement au sud de Taëz, troisième ville la plus peuplée du pays, est confirmée de plusieurs côtés. Des témoins ont fait état de combats intenses à al-Safiya et al-Samsara, deux localités situées le long de la route principale menant vers le gouvernorat d’Aden, et la prise du secteur d’al-Safiya a également été confirmée localement.
Taëz se retrouve de fait asphyxiée. La fermeture de cette route empêche le gouvernement d’acheminer des provisions et des renforts vers une ville majoritairement tenue par ses forces. Les affrontements dans la province et ses alentours ont fait plus de 70 morts en vingt-quatre heures. Pour Ahmed Nagi, de l’International Crisis Group, tout se joue désormais sur la capacité des houthis à tenir ces routes et à resserrer progressivement l’étau. S’ils y parviennent, prévient-il, la situation humanitaire et militaire pourrait se dégrader très rapidement.
L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, s’est alarmé de l’intensification des combats et des dégâts dans le gouvernorat de Taëz, pointant en particulier ces fermetures de routes qui empêchent les habitants de fuir. Ce gouvernorat accueille la majorité des Yéménites récemment déplacés, rappelle-t-il. Beaucoup de civils se retrouvent ainsi coincés entre les lignes, sans issue évidente.
Dans la ville, la détermination ne faiblit pas. Des habitants ont affirmé leur intention de défendre Taëz coûte que coûte. « Nous vaincrons et écraserons quiconque entrera dans Taëz. Nous n’abandonnerons pas Taëz », a lancé Zakaria al-Dhubhani, qui jure de ne pas laisser les houthis avancer d’un centimètre dans la ville.
Le conflit déborde largement des frontières yéménites. Outre les combats contre les forces gouvernementales, les houthis s’en prennent régulièrement à leur adversaire saoudien, multipliant les frappes sur le pays voisin et décrétant un blocus contre la flotte du royaume, premier exportateur mondial de brut. Leur porte-parole, Yahya Saree, a revendiqué des frappes sur des sites du géant pétrolier Aramco à Ryad et dans la région pétrolière de Khurais, dans l’est, évoquant d’importants incendies. Ryad n’a pas réagi dans l’immédiat.
Les houthis accusent de leur côté l’Arabie saoudite d’avoir mené des frappes dans les gouvernorats d’al-Jawf et de Saada, fiefs du mouvement, faisant état de deux blessés. L’armée yéménite avait de son côté revendiqué des bombardements sur Sanaa, Saada et près de Taëz. Ryad est entrée dans le conflit en 2015 à la tête d’une coalition internationale, plusieurs mois après le début de la guerre, et ce sont essentiellement ses forces qui mènent depuis les raids aériens.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 7 joursOlivier Faure accuse Jordan Bardella de mensonge et lui ferme la porte de Matignon



SociétéEn Ligne 6 joursUne Marche des fiertés très politique défile à Paris avant la présidentielle



PolitiqueEn Ligne 7 joursUn million de voitures électriques à 100 euros par mois, la promesse de Glucksmann aux Français modestes



PolitiqueEn Ligne 5 joursBudget 2027, Wauquiez écarte la censure et promet 20 milliards d’économies de plus



PolitiqueEn Ligne 4 joursLe Rassemblement national décroche enfin son premier groupe au Sénat



SociétéEn Ligne 5 joursJusqu’à 500 lycées fermés lundi, 24 établissements saccagés



PolitiqueEn Ligne 5 joursPour Fabien Roussel, mieux vaut dialoguer avec les lycéens que laisser la violence prendre le dessus



Faits DiversEn Ligne 3 joursRefus de mariage à Béziers, 7 500 euros d’amende réclamés contre Robert Ménard








