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Flavio Bolsonaro promet de libérer son père, qui lui remettra l’écharpe présidentielle

Le conservateur, arrivé en tête du premier tour au Brésil, promet que son père Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison et assigné à résidence, sera…

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Flavio Bolsonaro promet de libérer son père, qui lui remettra l'écharpe présidentielle

Le conservateur, arrivé en tête du premier tour au Brésil, promet que son père Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison et assigné à résidence, sera libre le jour de son investiture. Une promesse qui a des airs de revanche pour l’ancien président d’extrême droite, toujours maître de son camp.

Dimanche, Flavio Bolsonaro a terminé en tête du premier tour de la présidentielle brésilienne, devant le président de gauche Lula. Le sénateur de 45 ans aborde la suite en position de force, et il ne s’en cache pas. S’il gagne le 25 octobre, son père Jair, 71 ans, sortira de l’assignation à résidence et lui passera l’écharpe le 5 janvier, lors de l’investiture. Pour le clan, cette victoire a un goût de revanche.

Car l’homme est derrière les barreaux. Depuis la fin 2025, l’ancien chef de l’État purge une peine de 27 ans pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir après sa défaite face à Lula en 2022. Il n’a jamais reconnu les faits et se dit victime d’une persécution politique. Ses problèmes de santé récurrents lui ont valu de purger sa peine chez lui, dans un quartier aisé de Brasilia, avec son épouse Michelle, tout juste élue au Sénat, et leur fille Laura. Interdit d’apparitions publiques et privé de réseaux sociaux, il a reçu peu de visites pendant la campagne. Cela ne change rien à son statut. Il reste le leader incontesté du camp conservateur.

Son fils aîné tient déjà sa victoire pour acquise. Jair Bolsonaro sera à ses côtés le 5 janvier et gravira la rampe du palais du Planalto, assure-t-il. Alfredo Gaspar, son candidat à la vice-présidence, défend la même idée. « Il a besoin d’être en liberté pour aller au contact du peuple », soutient-il, avant de préciser que l’ancien président ne court ni après le pouvoir ni après un poste dans un éventuel gouvernement.

Reste la question du cadre juridique. Les avocats de Jair Bolsonaro ont déposé une nouvelle demande de remise en liberté et réclament une révision du procès qui a abouti à sa condamnation. Ils dénoncent des abus et des incohérences dans la conduite des débats, en visant Alexandre de Moraes, honni des bolsonaristes. Le dossier est passé entre les mains d’un autre magistrat, Kassio Nunes Marques, qui compte le soumettre en séance plénière après le second tour. La procédure pourrait toutefois dépasser la date prévue pour l’investiture. Flavio Bolsonaro agite une autre carte, la grâce présidentielle, qu’il signerait aussitôt installé. Une telle signature peut tomber quelques minutes après l’entrée en fonction, mais les formalités administratives empêcheraient qu’elle prenne effet le jour même. Une amnistie votée par le Parlement irait plus loin, en rendant à Jair Bolsonaro ses droits politiques et la possibilité de se présenter à nouveau. Les législatives de dimanche ont encore renforcé la majorité conservatrice dans les deux chambres, même si les nouveaux élus ne siègeront qu’en janvier.

Flavio Bolsonaro se décrit comme plus modéré que son père, coutumier des dérapages misogynes, racistes et homophobes et nostalgique assumé de la dictature militaire (1964-1985). Sur plusieurs sujets, le fils ne s’éloigne pas. Il a défendu le régime militaire et mis en doute le rôle de l’activité humaine dans le réchauffement de la planète, jugeant les phénomènes climatiques extrêmes « cycliques ». Mais il a travaillé son image auprès des femmes, et ses manières plus affables lui ont ouvert un électorat plus large. Son directeur de campagne, Rogerio Marinho, résume la différence. « Il défend l’héritage de son père, mais c’est une personne différente, plus apte à négocier. »

Le parcours d’autres dirigeants revenus au pouvoir après l’avoir perdu montre que ces retours peuvent virer à la revanche. Donald Trump aux États-Unis, Benjamin Netanyahu en Israël, des seconds mandats plus radicaux, portés par des rancunes accumulées. Jair Bolsonaro, lui, apparaît stable dans ses derniers rapports cliniques, sous traitement antidépresseur. Son épouse Michelle a simplement confié que la campagne l’avait rendu un peu anxieux.

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