Europe
Macron et Sánchez s’allient pour un budget européen plus musclé
En visite d’État en Espagne, le chef de l’État français et le Premier ministre espagnol ont affiché mercredi leur volonté commune de voir l’Union…


En visite d’État en Espagne, le chef de l’État français et le Premier ministre espagnol ont affiché mercredi leur volonté commune de voir l’Union européenne investir beaucoup plus. Les deux hommes savent que le bras de fer s’annonce difficile, notamment avec l’Allemagne.
Devant la presse, au palais de la Moncloa, Emmanuel Macron et Pedro Sánchez ont parlé d’une même voix. Le président français a défendu une démarche volontariste, tant sur le plan des investissements que sur celui du budget communautaire, et il a évoqué une convergence très forte avec son homologue espagnol sur ce dossier. Une manière de préparer le terrain avant des discussions qui promettent d’être serrées avec plusieurs capitales européennes, Berlin en tête.
Pour étoffer les caisses de l’Union sans alourdir la facture des États membres, Emmanuel Macron plaide pour davantage de ressources propres. Il propose aussi une piste déjà évoquée avant l’été, étaler dans le temps le remboursement de la dette contractée au niveau européen pendant la crise sanitaire. Faut-il se précipiter pour solder cette dette maintenant, ou peut-on allonger les maturités, s’est-il interrogé. Le dirigeant français en fait une condition pour sortir de ce qu’il désigne comme le principal problème du continent, son retard en matière d’innovation. Sans effort massif et collectif dans ce domaine, les Européens risquent selon lui de décrocher de la course mondiale.
Pedro Sánchez s’est rangé derrière cette analyse, en affirmant partager l’idée que les budgets européens doivent être bien plus ambitieux que ce qui est aujourd’hui sur la table. Le chef du gouvernement espagnol est allé plus loin dans le registre politique, en présentant l’alliance franco-espagnole comme une résistance européenne face aux ennemis du continent et du modèle européen. Il a ciblé les courants réactionnaires qui, selon lui, souhaitent voir l’Europe divisée.
Le couple franco-espagnol a en revanche affiché ses nuances sur la Chine, sujet longuement abordé entre les deux dirigeants. Emmanuel Macron a durci le ton, alertant sur une attaque chinoise dans l’innovation et la concurrence commerciale qui s’accélère, et appelant à protéger les acteurs européens sans pour autant déclencher une guerre commerciale. Pedro Sánchez s’est montré plus ouvert, jugeant inacceptable le déficit commercial avec Pékin et souhaitant attirer davantage d’investissements chinois, notamment dans l’automobile, au service de la réindustrialisation du continent.
Un point les a néanmoins réunis. Tous deux ont insisté sur la nécessité que Pékin accepte des transferts de technologie vers l’Europe, preuve que la question chinoise reste au cœur de leurs discussions, même si les deux hommes ne la abordent pas avec la même stratégie.
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