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Haïti gagne six mois de plus pour reprendre la main sur ses gangs
Le Conseil de sécurité de l’ONU a reconduit pour six mois la force chargée de combattre les gangs en Haïti, en insistant sur les enfants enrôlés et sur la…


Le Conseil de sécurité de l’ONU a reconduit pour six mois la force chargée de combattre les gangs en Haïti, en insistant sur les enfants enrôlés et sur la tenue d’élections. Sur le terrain, le déploiement traîne, même si les premiers effets commencent à se voir.
Douze voix pour, trois abstentions. Le Conseil de sécurité des Nations unies a validé la prolongation du mandat de la force envoyée en Haïti pour affronter les gangs. La Chine, la Russie et le Pakistan n’ont pas voté le texte, porté par les États-Unis et le Panama. Cette décision repousse jusqu’au 31 mars 2027 l’action de la Force de répression des gangs, mise sur pied en avril dernier face à la dégradation brutale de la situation sécuritaire. Le message est clair. Il faut améliorer le quotidien du pays pour rendre possibles des élections libres et régulières. Le Conseil réaffirme au passage son appui aux autorités de transition haïtiennes.
La résolution regarde aussi les causes profondes du chaos. Corruption, gouvernance défaillante, trafic d’armes qui nourrit la violence des bandes armées. Autant de maux que le texte pointe noir sur blanc. Autre sujet d’inquiétude, la place grandissante des enfants dans les rangs des groupes armés. Beaucoup y sont poussés de force ou utilisés sous la contrainte. Le Conseil appelle donc à soutenir les programmes qui accompagnent les mineurs sortis des gangs, qu’il s’agisse de les démobiliser, de les réinsérer ou de leur offrir un suivi psychologique.
Côté terrain, la FRG a pris la suite de la Mission multinationale de soutien à la sécurité, jugée trop mal équipée et trop mal financée. Plusieurs pays y ont envoyé des hommes, dont le Salvador, le Guatemala, la Jamaïque, la Mongolie, le Tchad et le Sri Lanka, et d’autres devraient suivre. L’objectif affiché était ambitieux, monter jusqu’à 5.500 personnels en uniforme et 50 civils entre avril et octobre. Mais la progression inquiète, y compris la République dominicaine, voisine d’Haïti. L’ambassadeur américain à l’ONU Mike Waltz l’a reconnu, seuls 1.500 militaires sont aujourd’hui sur place et 4.000 autres sont attendus dans les mois qui viennent. Il assure pourtant que la force commence à produire des résultats. Elle rouvre des routes, sécurise des quartiers, reprend le contrôle de zones devenues inaccessibles à la police nationale et démantèle les points de racket qui remplissent les caisses des gangs.
Le gouvernement haïtien a accueilli la nouvelle avec satisfaction. Le bureau du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé y voit une avancée importante pour rétablir la sécurité dans le pays. La réalité reste dure. Lors d’une patrouille dans le secteur de Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite, des membres de la FRG ont essuyé des tirs. Ils ont riposté et tué trois hommes armés, les autres ont pris la fuite, et aucun agent n’a été blessé. Les troupes sont restées plusieurs heures sur place avant de rejoindre leur base des Gonaïves. Une fois parties, des gangs ont attaqué des civils au même endroit.
Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti traverse depuis longtemps une crise politique, économique et sécuritaire. Ces dernières années, tout s’est encore dégradé. Meurtres, enlèvements, viols, recrutement d’enfants, les gangs ont multiplié les exactions et imposé leur loi sur une large partie du territoire.
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