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Les géants de l’intelligence artificielle défilent à la Maison Blanche pendant que l’Amérique s’inquiète

Dario Amodei, Jensen Huang, Mark Zuckerberg ou encore Jeff Bezos ont tous répondu à l’invitation de Donald Trump. Un déjeuner au sommet alors que plus de…

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Les géants de l'intelligence artificielle défilent à la Maison Blanche pendant que l'Amérique s'inquiète

Dario Amodei, Jensen Huang, Mark Zuckerberg ou encore Jeff Bezos ont tous répondu à l’invitation de Donald Trump. Un déjeuner au sommet alors que plus de huit Américains sur dix se disent préoccupés par la vitesse à laquelle l’IA se développe.

Ils sont arrivés les uns après les autres pour partager un repas avec le président américain. Dario Amodei, patron d’Anthropic, Jensen Huang, celui de Nvidia, Mark Zuckerberg pour Meta et Jeff Bezos pour Amazon font partie des convives de cette rencontre organisée à la Maison Blanche. Autour de la table, trente et un invités, dont deux femmes seulement, Susie Wiles, directrice de cabinet de Donald Trump, et Lisa Su, à la tête du fabricant de puces AMD. Sundar Pichai pour Google, le président d’OpenAI Greg Brockman, Elon Musk ou encore David Sacks, investisseur et ancien conseiller spécial du président sur l’IA, étaient annoncés au déjeuner. L’initiative revient à Mike Johnson, chef de file des conservateurs à la Chambre des représentants.

Le moment n’a rien d’anodin. À l’approche des élections de mi-mandat, l’intelligence artificielle s’est invitée dans la campagne. Un sondage indique que 82 % des Américains se disent inquiets du rythme de développement de la technologie. Une angoisse nourrie par plusieurs incidents de sécurité survenus ces derniers mois et par les mises en garde très sombres de certains acteurs du secteur sur les dangers encourus par l’humanité. Donald Trump, lui, affiche un tout autre discours. Hostile à toute régulation contraignante, il a rebaptisé l’IA « super intelligence » et assure qu’elle aura « essentiellement de bons usages », promettant de mettre fin aux mauvais. Les États-Unis, dit-il, ne succombent pas à la peur face aux nouvelles technologies.

Ce décalage met les républicains mal à l’aise, d’autant que le scrutin pourrait leur coûter le contrôle du Congrès. Mike Johnson plaide pour une supervision parlementaire réduite et estime qu’il faut trouver « le bon équilibre » entre la sécurité et l’ambition de faire des États-Unis le leader mondial de l’IA. John Thune, chef de la majorité républicaine au Sénat, reconnaît qu’il faut « au moins avoir un plan et des garde-fous », tout en défendant une régulation à « touche légère ». Il dit ne pas croire que Donald Trump soit « vraiment campé sur sa position » hostile à toute supervision.

Derrière les poignées de main, le secteur avance en ordre dispersé, coupé en deux camps. D’un côté, Dario Amodei, Sam Altman et Demis Hassabis appellent les politiques à mettre de l’ordre dans une course qu’ils jugent effrénée. De l’autre, un groupe proche de Donald Trump, avec Jensen Huang ou Mark Zuckerberg, reproche à ces entreprises de se défausser, notamment pour décrocher une exemption de responsabilité en cas de défaillance d’une IA. Le patron de Nvidia voit dans la sécurité de l’IA un problème avant tout technique, que de meilleurs outils peuvent régler, et lance à ceux qui s’alarment qu’ils n’ont qu’à ne pas sortir de produits tant qu’ils n’en ont pas le contrôle.

Les faits leur donnent en partie raison de s’interroger. Anthropic, l’éditeur du modèle Claude, a de nouveau prévenu dans son prospectus d’entrée en Bourse que ses technologies pourraient présenter des « risques existentiels pour l’humanité ». OpenAI a lancé un nouveau modèle moins cher, après en avoir écarté un jugé trop risqué. Et quand Dario Amodei a appelé à ralentir la cadence, il s’est attiré de vives critiques, jusque chez les républicains, malgré le soutien affiché de Sam Altman, Demis Hassabis, Elon Musk et Satya Nadella. Elon Musk a par ailleurs participé au lancement d’un site centralisant, avec l’aide de l’IA, les services du gouvernement fédéral.

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