Europe
Après les incendies et les reculs, le Pacte vert européen cherche un second souffle
Des incendies géants, des canicules à répétition et des envies de revoir la copie écologique. L’exécutif européen promet un retour en force du climat…

Des incendies géants, des canicules à répétition et des envies de revoir la copie écologique. L’exécutif européen promet un retour en force du climat, mais les ONG ne veulent plus entendre de belles paroles.
Cet été, l’Europe a vu plus d’un demi-million d’hectares partir en fumée. Les canicules ont marqué les esprits et les dirigeants ne peuvent plus se défausser. Ursula von der Leyen s’apprête à faire du climat un axe central de son traditionnel discours de rentrée devant le Parlement européen. Un rendez-vous décisif pour la crédibilité de l’Union sur ce terrain.
La présidente de la Commission compte évoquer la résilience climatique et la consolidation d’un prochain texte juridique sur le sujet, sans oublier de vanter les débouchés économiques des industries propres. Pour donner le ton, ses commissaires ont même écouté le climatologue suédois Johan Rockström lors de leur séminaire de rentrée. Un signal de rééquilibrage, après deux ans passés à privilégier la compétitivité industrielle et la défense au détriment des ambitions vertes.
Les associations, elles, ne se contentent pas des symboles. Plus de deux cents organisations ont adressé une lettre ouverte à Ursula von der Leyen pour exiger un véritable plan de sortie des énergies fossiles. Le malaise est aussi palpable en interne. Plusieurs commissaires s’opposent sur la refonte du marché du carbone et freinent dès qu’il s’agit de bousculer l’aviation et le transport maritime.
Le Parlement européen, lui, s’annonce comme un champ de bataille. La droite, sortie renforcée des urnes, n’hésite plus à s’allier aux formations d’extrême droite pour bloquer les lois vertes jugées trop administratives. Certains élus réclament moins de contraintes réglementaires, tandis que les écologistes défendent des positions vitales et demandent des plans d’adaptation aux chaleurs extrêmes. Impossible de satisfaire tout le monde.
Il reste la question du budget. Les Vingt-Sept se déchirent sur les priorités financières de l’Union, tiraillés entre la rigueur et la nécessité d’investir ensemble. La concurrence chinoise et les menaces douanières américaines poussent en parallèle Bruxelles à ménager ses industriels. Les engagements les plus emblématiques vacillent, comme le devoir de vigilance des grandes entreprises ou l’interdiction des voitures thermiques neuves en 2035. L’Allemagne exige des assouplissements pour son automobile, la France campe sur ses positions, et l’issue de ce bras de fer reste très incertaine.
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