Économie
La Chine délaisse l’Allemagne et le déficit commercial s’envole
Les ventes allemandes vers la Chine chutent lourdement pendant que les importations venues de Pékin grimpent. Le déséquilibre dépasse 55 milliards d’euros…


Les ventes allemandes vers la Chine chutent lourdement pendant que les importations venues de Pékin grimpent. Le déséquilibre dépasse 55 milliards d’euros sur six mois, un signe du décrochage industriel européen.
La Chine n’est plus le débouché qu’elle était pour les usines allemandes. Sur les six premiers mois de 2026, les exportations allemandes vers Pékin ont chuté de plus de 12% par rapport à la même période de 2025, pour s’établir à un peu moins de 37 milliards d’euros. La Chine se retrouve au neuvième rang des clients de l’Allemagne. En 2021, elle occupait encore la deuxième place, avec 104 milliards d’euros de marchandises achetées sur l’année entière malgré la pandémie.
Ce recul s’explique par la stratégie de Pékin, qui cherche à produire localement et à réduire sa dépendance aux importations étrangères. Mais l’Allemagne subit aussi de plein fouet la concurrence chinoise dans des secteurs clés comme l’automobile. Les droits de douane imposés par les États-Unis n’arrangent rien. Résultat, des fleurons comme Volkswagen suppriment des postes. Pendant ce temps, les produits chinois continuent d’affluer vers Berlin. Les importations allemandes ont bondi de 8,9% pour atteindre 91,8 milliards d’euros sur le semestre. Le déficit commercial avec la Chine passe ainsi d’environ 40 milliards à quelque 55 milliards d’euros en un an.
Les échanges entre Berlin et Pékin pèsent désormais plus de 128 milliards d’euros, soit trois milliards de plus qu’avec les États-Unis. Pourtant, Washington reste le premier marché d’exportation pour l’Allemagne, avec 74 milliards d’euros de ventes sur la période, malgré un recul de 6%. La France et les Pays-Bas complètent le podium des clients. Des pays comme l’Autriche et la Suisse achètent même davantage de produits allemands que la Chine. Dans l’ensemble, les exportations allemandes progressent de 3,7% pour atteindre 817 milliards d’euros au premier semestre, portées par la croissance mondiale.
Mais le décrochage chinois n’a rien d’un simple accident statistique. La Chine comble son retard technologique et s’affranchit peu à peu des puissances occidentales. Elle est déjà devenue le premier partenaire commercial de l’Allemagne en 2025, année du retour de Donald Trump à la Maison Blanche et du lancement de ses tarifs protectionnistes. Les entreprises allemandes doivent donc s’adapter à cette nouvelle donne, où leur plus gros débouché commercial devient aussi leur plus sérieux concurrent.
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