Société
Le duel niçois s’enfonce dans les intrigues judiciaires

La campagne pour la mairie de Nice, marquée par une rivalité exacerbée, connaît un rebondissement inédit. Une enquête pour des faits à caractère antisémite semble désormais se retourner contre le camp du maire sortant.
L’affrontement électoral entre Christian Estrosi et Éric Ciotti dépasse désormais le cadre traditionnel de la polémique politique. Ce qui devait être un débat d’idées s’est mué en une succession d’accusations personnelles, reléguant les programmes au second plan. Les récents débats télévisés ont confirmé cette dérive, laissant peu de place aux autres candidats.
La découverte, fin février, d’une tête de porc et d’une inscription injurieuse devant le domicile de Christian Estrosi avait provoqué une condamnation unanime. L’enquête, rapidement menée, a conduit à l’interpellation de deux suspects. Toutefois, le dossier a pris une tournure inattendue lorsque des communications entre l’un des mis en cause et une collaboratrice du maire sortant ont été révélées.
Les investigations judiciaires se sont depuis intensifiées. Quatre personnes ont été entendues, et deux hommes restaient en garde à vue ce jeudi. Selon des éléments du dossier, les pistes explorées s’orienteraient désormais vers l’hypothèse d’une manœuvre interne au camp d’Estrosi, sans qu’il soit établi à ce stade si le maire lui-même en avait connaissance. L’un des hommes interpellés serait un ancien policier à la retraite, présenté comme une connaissance du couple Estrosi, ce que ce dernier conteste fermement.
Parallèlement, la campagne est aussi secouée par la résurgence d’un autre dossier sensible. Le coût exorbitant des Grands Prix de Formule 1 organisés dans la région, un projet porté par Christian Estrosi, refait surface à quelques jours du scrutin. Un rapport financier critique, dont la diffusion a été opportunément relayée par Éric Ciotti, rappelle l’ampleur des dépenses publiques engagées.
Dans ce climat délétère, les soutiens de Christian Estrosi dénoncent une tentative d’infiltration et de déstabilisation de sa campagne. Face à ces allégations, son adversaire et ses proches rejettent toute implication. Alors que le Crif s’est constitué partie civile dans l’affaire de la tête de porc, l’atmosphère à Nice reste électrique, laissant présager une fin de campagne sous le signe de la défiance et des procédures judiciaires.

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