Faits Divers
Vingt ans de réclusion requis pour la défenestration mortelle d’un nonagénaire à Lyon

_**Le parquet a demandé la peine maximale, estimant la responsabilité de l’accusé atténuée, tout en écartant la circonstance aggravante d’antisémitisme, au cœur des débats.**_
La cour d’assises du Rhône a entendu jeudi les réquisitions du ministère public dans le procès d’un homme de 55 ans jugé pour le meurtre de son voisin, âgé de 89 ans. L’accusé a reconnu avoir précipité la victime du dix-septième étage d’un immeuble lyonnais en 2022. L’avocate générale a requis à son encontre vingt années de réclusion criminelle, la peine plafond lorsque le discernement est reconnu altéré, assorties d’une mesure de suivi socio-judiciaire de dix ans.
La magistrate a indiqué aux jurés que, selon les expertises psychiatriques, la responsabilité pénale de l’intéressé se trouvait diminuée au moment des faits. En revanche, elle a estimé ne pas pouvoir retenir la circonstance aggravante de meurtre commis en raison de l’appartenance religieuse de la victime, de confession juive. Pour établir cette qualification, la loi exige des éléments contemporains de l’acte, a-t-elle rappelé, écartant des publications antérieures de l’accusé sur les réseaux sociaux.
L’avocate de la défense a plaidé l’absence de tout mobile antisémite, évoquant un état délirant chez son client et une relation amicale entre les deux hommes avant le drame. Elle a souligné la différence avec d’autres affaires médiatiques où des propos haineux avaient accompagné les violences. Les conseils des parties civiles, représentant des associations de lutte contre le racisme et la famille de la victime, ont au contraire soutenu que l’accusé entretenait une obsession à l’égard des juifs, citant ses écrits et ses déclarations.
L’homme, décrit comme une personne isolée et toxicomane, a maintenu durant son procès ne nourrir aucune hostilité envers la communauté juive. Il a présenté la victime comme un guide spirituel et attribué son geste à des troubles psychiques diagnostiqués après son interpellation. Les experts ont évoqué des pathologies de type paranoïaque. Le jury délibérera après les plaidoiries de la défense.

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