Économie
L’Union européenne s’apprête à durcir sa position contre les équipementiers chinois

La Commission européenne envisage de rendre obligatoire l’exclusion des géants chinois des infrastructures de télécommunications, une mesure jusqu’ici facultative pour les États membres. Cette initiative s’inscrit dans une révision plus large des règles de cybersécurité.
Les propositions que doit présenter l’exécututif européen marquent un tournant stratégique. Elles visent à transformer en obligation légale une recommandation émise en 2023, qui invitait les pays de l’Union à écarter les équipements de Huawei et ZTE de leurs réseaux 5G pour des raisons de sécurité. Cette évolution réglementaire permettrait de surmonter les réticences observées dans plusieurs capitales, moins de la moitié des États membres ayant jusqu’à présent suivi les conseils de Bruxelles.
La révision du règlement sur la cybersécurité constitue le vecteur choisi pour acter ce durcissement. Le processus inclut également une simplification des procédures administratives et un renforcement des prérogatives de l’agence européenne ENISA. Cette approche répond aux critiques sur l’application disparate des mesures de sécurité, certains responsables européens ayant pointé un manque de sérieux dans la mise en œuvre par plusieurs gouvernements.
Parallèlement, un autre volet du projet européen suscite des tensions avec les acteurs américains de la technologie. Bruxelles étudie l’introduction de critères de souveraineté technologique dans le futur système de certification des services cloud. Les géants du secteur, qui dominent largement le marché européen, s’opposent fermement à cette logique qu’ils jugent protectionniste, plaidant pour une régulation fondée sur des standards techniques plutôt que sur l’origine géographique des fournisseurs.
Sur le front des investissements dans les infrastructures numériques, la Commission semble avoir tranché un débat crucial. Le futur règlement sur les réseaux ne prévoira pas de mécanisme contraignant pour faire contribuer financièrement les grandes plateformes numériques au déploiement des réseaux. Cette décision, conforme aux engagements pris avec Washington, laisse aux seuls opérateurs télécoms la charge des investissements estimés à 200 milliards d’euros pour achever la couverture en haut débit et en 5G.
Enfin, le texte accorde une flexibilité supplémentaire aux États membres pour la modernisation de leurs réseaux fixes. Un délai étendu jusqu’en 2035 est prévu pour la fermeture des anciens réseaux en cuivre, tenant compte des retards accumulés dans la transition vers la fibre optique sur une partie du territoire européen.

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