Planète
La Lituanie au chevet des phoques de la Baltique

Une opération inédite permet la réintroduction en mer de neuf mammifères marins sauvés par des scientifiques. Un combat contre le temps pour préserver une espèce fragilisée par l’activité humaine.
Dans les eaux froides de la mer Baltique, près des côtes lituaniennes, neuf phoques gris ont retrouvé leur milieu naturel après des mois de soins intensifs. Cette réintroduction marque une étape cruciale dans les efforts déployés pour sauvegarder une population autrefois menacée d’extinction. Le centre de réhabilitation de Klaipėda, port stratégique de la région, joue un rôle central dans cette mission.
Les conditions de survie des phoques se sont considérablement dégradées au fil des décennies. La disparition progressive de la banquise, essentielle à leur reproduction, les contraint à élever leurs petits sur la terre ferme. Un environnement hostile où les nouveau-nés, souvent abandonnés par leurs mères incapables de les reconnaître, deviennent la proie des prédateurs ou des mâles agressifs. Les scientifiques estiment que seulement 5 % des jeunes phoques parviennent à survivre à l’état sauvage.
L’intervention humaine s’avère donc indispensable. Depuis les années 1980, des biologistes ont développé des techniques de réhabilitation pour soigner les individus affaiblis. Nourris, habitués progressivement à l’eau, puis relâchés, ces mammifères marins bénéficient d’un suivi rigoureux. Les premiers essais, réalisés dans des conditions précaires, ont ouvert la voie à un programme structuré, aujourd’hui hébergé dans un centre moderne.
Les défis restent nombreux. La pollution aux pesticides, la surpêche et la raréfaction des ressources halieutiques pèsent lourdement sur l’écosystème de la Baltique. Malgré l’interdiction de la pêche à la morue, principale proie des phoques, les stocks peinent à se reconstituer. Par ailleurs, les filets de pêche côtiers représentent un piège mortel pour les adultes en quête de nourriture.
Les neuf phoques récemment libérés ont été équipés de traceurs pour étudier leurs déplacements. La plupart se dirigent vers des zones plus poissonneuses, comme l’île suédoise de Gotland. Certains, désorientés, ont d’abord suivi le bateau des scientifiques avant de gagner leur indépendance.
Cette opération symbolise à la fois un succès et une alerte. Si la population de phoques gris a retrouvé des effectifs stables, leur avenir dépendra des mesures prises pour protéger leur habitat. Un combat qui, pour les chercheurs, ne fait que commencer.

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