Culture
La Cour suprême du Mexique troque la toge pour les broderies indigènes

Une révolution vestimentaire symbolise la reconnaissance des peuples autochtones, portée par le nouveau président de l’institution judiciaire.
Le Mexique vit un moment historique où la tradition rencontre le pouvoir. Hugo Aguilar Ortiz, futur président de la Cour suprême, a annoncé qu’il remplacerait la toge magistrale par des tenues traditionnelles mixtèques lors de ses audiences. Cette décision marque un tournant dans la représentation des cultures autochtones au plus haut niveau de l’État.
Originaire de l’État d’Oaxaca, région riche en patrimoine artisanal, Aguilar entend ainsi refléter la diversité culturelle du pays. « Un juge se juge à son intégrité et à son application de la loi, pas à son apparence », a-t-il déclaré, soutenu par la présidente Claudia Sheinbaum, elle-même adepte des huipils, ces chemisiers brodés emblématiques. Un décret de 1941 impose encore le port de la toge, mais le gouvernement envisage son abrogation pour consacrer cette évolution.
Au-delà du symbole, cette initiative interroge la place des communautés indigènes, qui représentent près de 20 % de la population. Irma Pineda, députée zapotèque, appelle à des actions concrètes : « La justice doit aussi se mesurer à sa capacité à protéger nos droits. » Les artisans, comme Graciela Santos, y voient une opportunité de valoriser leur savoir-faire, souvent sous-estimé malgré des mois de travail pour chaque pièce.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de réformes judiciaires, critiquées pour leur complexité mais saluées pour leur volonté de transparence. En choisissant ces tenues, Aguilar rend aussi hommage à Benito Juárez, ancien président d’origine zapotèque, rappelant que l’identité mexicaine puise ses racines dans sa pluralité. Une manière de dire que la justice, comme la culture, se porte mieux lorsqu’elle est inclusive.

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