Monde
Von der Leyen contre l’extrême droite : l’Europe à la croisée des chemins

À trois jours d’un vote crucial, la présidente de la Commission européenne dénonce les manœuvres des populistes et appelle à l’unité des forces démocratiques.
Dans un discours enflammé devant le Parlement européen, Ursula von der Leyen a vigoureusement critiqué les partis d’extrême droite, qu’elle accuse de recycler des « méthodes archaïques » et de menacer les fondements de l’Union. La dirigeante allemande a pointé du doigt les élus qu’elle qualifie de « pro-Poutine » et de « contre les vaccins », tout en appelant les formations pro-européennes à faire front commun contre la motion de censure prévue jeudi.
Bien que le rejet de cette initiative soit quasi certain, le débat a révélé les fractures au sein de la majorité. Les sociaux-démocrates et les centristes ont profité de l’occasion pour interpeller la droite sur ses alliances, certains dénonçant une complaisance envers les forces populistes. La présidente du Renew, Valérie Hayer, a ainsi sommé le Parti populaire européen (PPE) de clarifier ses positions, tout en fustigeant les lenteurs et la centralisation excessive de l’exécutif bruxellois.
Les tensions se sont exacerbées après la décision surprise de la Commission de menacer de retirer un projet de loi contre l’écoblanchiment, suscitant l’indignation des parlementaires. Cet épisode a ravivé les critiques sur l’opacité et la concentration des pouvoirs autour de von der Leyen, déjà mise en cause dans l’affaire des SMS échangés avec le PDG de Pfizer pendant la pandémie.
À l’origine de la motion, l’eurodéputé roumain d’extrême droite Gheorghe Piperea a dénoncé une « dérive autoritaire », tandis que les alliés de Giorgia Meloni ont affiché des positions plus nuancées. Du côté du PPE, on a fermement soutenu la présidente, Manfred Weber fustigeant les « marionnettes du Kremlin » qui chercheraient, selon lui, à déstabiliser l’UE.
Historiquement, aucune Commission n’a jamais été renversée par une motion de censure. Le précédent de 1999, qui avait conduit à la démission collective de l’équipe de Jacques Santer, reste une exception. Ce vote, bien que symbolique, cristallise les défis politiques auxquels fait face von der Leyen à l’approche des élections européennes.

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