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Une femme brûlée témoigne de son calvaire devant la cour d’assises

Devant la cour d’assises d’appel du Var, une victime de violences conjugales a décrit avec une sobriété poignante les séquelles physiques et psychologiques d’une tentative d’immolation survenue en 2021 à Nice. Son ancien conjoint, présent à la barre, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
La prévenue, âgée de quarante-deux ans, s’est exprimée mardi dans une salle d’audience silencieuse. Vêtue de sombre et le visage dissimulé, elle a relaté les événements dans sa langue maternelle, avec l’aide d’un interprète. Sa voix, à la fois douce et ferme, s’est interrompue à plusieurs reprises, le temps de reprendre son souffle ou d’essuyer une larme.
Elle a évoqué pour la cour son arrivée en France au printemps 2021, après un mariage arrangé avec un cousin éloigné résidant à Nice. Les premières promesses de cette union se sont rapidement évanouies. La jeune femme, qui travaillait auparavant dans l’industrie médicale en Tunisie, s’est retrouvée isolée, confrontée à l’hostilité de sa belle-famille et au comportement changeant de son époux. Ce dernier, selon ses dires, faisait preuve d’agressivité verbale et montrait un désintérêt pour tout ce qui ne relevait pas de la sphère intime.
Le soir du 13 août 2021, une altercation éclate entre les époux. La situation dégénère dans la cuisine de leur domicile. L’homme aurait alors aspergé sa femme d’un liquide inflammable. À proximité d’une source de chaleur, les vêtements de la victime prennent feu. Grièvement brûlée, elle parvient à s’enfuir dans la cage d’escalier de l’immeuble.
Les secours, alertés par des voisins, la transportent par hélicoptère vers un service spécialisé de Marseille. Elle y passera plusieurs semaines dans le coma, suivies de longs mois d’hospitalisation et de rééducation. Les brûlures, qui couvrent près d’un tiers de son corps, l’ont durablement marquée. « Ce que j’aimais en moi, c’était mon corps, mes cheveux », a-t-elle confié à la cour, décrivant des douleurs chroniques et un traitement médical permanent.
Son témoignage a également mis en lumière l’ampleur du traumatisme psychologique. Elle se décrit comme une « morte-vivante », hantée par la peur et dont l’existence se résume depuis quatre ans aux établissements de soins et aux démarches administratives. « Quand je suis habillée, les gens qui me voient pensent que je vais bien. Alors qu’à l’intérieur, je suis brûlée », a-t-elle déclaré.
L’accusé, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité, maintient une version radicalement différente des faits. Il affirme que son épouse, insatisfaite de leur vie commune, aurait mis elle-même le feu à ses vêtements dans un geste désespéré, alors qu’il avait quitté les lieux après leur dispute. Cette thèse de la tentative de suicide est contestée par l’accusation, qui s’appuie sur des relevés téléphoniques plaçant l’homme dans le quartier au moment des faits, ainsi que sur une expertise médico-légale jugée incompatible avec un acte d’auto-immolation.
Le jury populaire doit maintenant délibérer. Son verdict est attendu dans le courant de la semaine.

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