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Un maire incarcéré après la mort d’une habitante à Plouasne

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La commune des Côtes-d’Armor est sous le choc après l’incarcération de son premier magistrat, mis en examen pour des faits survenus alors qu’il tentait de faire hospitaliser une femme présentant des troubles du comportement.

L’onde de stupeur ne s’est pas dissipée à Plouasne. Les 1 800 habitants de cette commune bretonne tentent de comprendre les circonstances ayant conduit à l’incarcération de leur maire et d’un conseiller municipal. Les deux élus ont été mis en examen mercredi pour arrestation arbitraire et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ils sont impliqués dans le décès d’une sexagénaire du village, survenu le 7 avril dernier.

Selon les éléments de l’enquête, les deux hommes, accompagnés de deux autres personnes, sont intervenus pour empêcher cette femme de 66 ans de regagner son domicile. Ils souhaitaient la faire hospitaliser en psychiatrie, évoquant des troubles occasionnés au voisinage. Plusieurs vidéos, filmées par un témoin, montreraient les protagonistes maintenant fermement la victime au sol pendant une quinzaine de minutes, lui exerçant une pression physique. Ses jambes auraient été entravées à l’aide d’une sangle et d’une corde.

Le parquet de Saint-Malo a précisé qu’aucune procédure légale d’hospitalisation sous contrainte n’avait été engagée préalablement. Aucun arrêté municipal ni certificat médical requis n’avait été établi. Le maire a été placé en détention provisoire, tandis que le conseiller municipal a été laissé libre sous contrôle judiciaire.

Dans les rues du bourg et au café du village, l’incompréhension le dispute à la tristesse. Les habitants décrivent la défunte comme une personne marginale, familière des lieux, souvent aperçue à vélo avec un gilet jaune, mais jugée inoffensive. « C’était une dame désorientée, mais pas méchante », confie une riveraine, évoquant une personnalité originale et intelligente. D’autres soulignent qu’elle n’était pas connue pour un comportement agressif.

Le premier magistrat, en poste depuis 2008 et réélu de justesse en mars dernier après un scrutin contesté, bénéficiait jusqu’ici d’une image d’édile actif, ayant œuvré pour le développement local. Certains expriment aujourd’hui leur désarroi face à ce qu’ils qualifient d’initiative malheureuse, voire d’acte de « shérif » inapproprié. L’atmosphère communale, déjà tendue depuis les récentes élections, se trouve désormais alourdie par cette affaire judiciaire. L’enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes de chacun dans cette séquence dramatique.

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