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Un ex-combattant syrien devant la justice française : le débat sur la compétence universelle s’enflamme

Pour la première fois en France, un ancien rebelle salafiste est jugé pour complicité de crimes de guerre commis en Syrie. L’occasion de questionner les limites de la justice internationale.
La cour d’assises de Paris examine cette semaine le cas de Majdi Nema, ancien membre du groupe armé Jaysh al-Islam. L’homme, arrêté en 2020, est accusé d’avoir participé à des exactions entre 2013 et 2016 durant le conflit syrien. Il risque jusqu’à vingt ans de prison, tout en niant toute implication directe dans les violences.
Dès l’ouverture des débats, la légitimité des juges français a été vivement contestée par la défense. Les avocats de l’accusé dénoncent une forme de « néocolonialisme judiciaire », arguant que seuls les tribunaux syriens devraient traiter ce dossier. Ils soulignent que le pays dispose désormais d’institutions judiciaires, bien qu’encore fragiles, depuis la chute du régime de Bachar al-Assad.
À l’inverse, les représentants du parquet et des parties civiles estiment impossible un procès équitable en Syrie dans le contexte actuel. Ils rappellent que plusieurs massacres ont encore lieu sous le nouveau pouvoir, notamment contre la minorité alaouite. Pour eux, la compétence universelle permet justement de pallier l’absence de justice locale.
L’accusé, reconnaissable à sa barbe fournie et son catogan, a finalement pris la parole en fin de journée. Dans une déclaration émue, il a réclamé d’être jugé « devant son peuple », qualifiant son procès en France de « nouvelle forme d’impérialisme ». Tout en maintenant son innocence, quelle que soit la juridiction saisie.
Les magistrats ont reporté leur décision sur la compétence du tribunal français. Un verdict attendu avec impatience, qui pourrait faire jurisprudence pour les futurs dossiers similaires.

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