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Un drone provoque un incendie près du site nucléaire émirati de Barakah

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Les autorités d’Abou Dhabi dénoncent une attaque terroriste et se réservent le droit de riposter, tandis que l’AIEA exprime sa vive inquiétude.

Un engin volant non identifié a déclenché un sinistre aux abords de la centrale nucléaire de Barakah, dans l’ouest des Émirats arabes unis, sans toutefois faire de victimes ni entraîner de fuite radioactive. Les services de défense aérienne ont repéré trois aéronefs sans pilote pénétrant dans l’espace aérien émirati, dont deux ont été neutralisés avant que le troisième ne percute un groupe électrogène situé à proximité du site, selon le ministère de la Défense.

Une enquête a été ouverte pour établir l’origine de ces intrusions. Le conseiller présidentiel Anwar Gargash a qualifié l’incident d’acte terroriste, laissant entendre que Téhéran pourrait être impliqué. Il a estimé que cette action, qu’elle soit le fait de l’Iran ou de ses relais, constitue une escalade préoccupante. Abou Dhabi impute régulièrement à la République islamique des frappes survenues depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 8 avril, lequel a suspendu les affrontements entre l’Iran d’une part et Israël et les États-Unis d’autre part.

Durant ce conflit, des milices pro-iraniennes basées en Irak ou les rebelles houthis du Yémen ont également revendiqué des opérations dans la région. Le chef de la diplomatie émiratie, Abdallah ben Zayed, a échangé avec ses homologues qatari et saoudien, dénonçant une agression terroriste et réaffirmant le droit de son pays à riposter.

L’installation de Barakah, située à plus de deux cents kilomètres à l’ouest d’Abou Dhabi et proche des frontières saoudienne et qatarie, est plus proche de Doha que des métropoles émiraties. Aucun blessé ni aucune incidence sur la sûreté radiologique n’ont été rapportés, a précisé le gouvernement local. L’Autorité fédérale de régulation nucléaire a confirmé que l’incendie n’avait pas compromis la sécurité du site ni le fonctionnement de ses systèmes essentiels, et que l’ensemble des unités tournaient normalement.

L’Arabie saoudite, avec laquelle les relations demeurent tendues, a condamné cette frappe, y voyant une menace pour la stabilité régionale. Les Émirats, deuxième pays de la zone après l’Iran à se doter du nucléaire civil et premier dans le monde arabe, ont mis en service Barakah en 2020. Construite par le sud-coréen Kepco, la centrale fournit jusqu’à quarante térawattheures par an, soit environ un quart des besoins en électricité de la riche monarchie pétrolière.

L’entreprise Kepco a indiqué que le réacteur n’avait pas été directement visé ni endommagé, mais que les opérations sur une unité avaient été brièvement suspendues par précaution. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a exprimé sa profonde préoccupation, jugeant inacceptable toute activité militaire menaçant la sûreté nucléaire.

Début mai, une attaque de drone avait déjà visé une installation pétrolière à Fujaïrah, dans l’est du pays, incident alors attribué à Téhéran, qui avait démenti. Depuis le début de la guerre le 28 février, les Émirats ont été la cible de près de trois mille missiles et drones, subissant l’essentiel des représailles iraniennes parmi les monarchies du Golfe. Téhéran accuse ses voisins d’avoir autorisé les forces américaines à utiliser leur territoire pour frapper l’Iran.

La tension s’est encore accrue cette semaine après des informations de presse évoquant des opérations menées directement depuis les Émirats et l’Arabie saoudite contre l’Iran. Dans ce climat, Téhéran a reproché à Abou Dhabi un rôle actif aux côtés des États-Unis et d’Israël, accusations catégoriquement rejetées par les autorités émiraties.

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