Économie
Wall Street plie sous la pression des taux et des valeurs technologiques


Les indices new-yorkais ont ouvert en territoire négatif ce vendredi, pénalisés par le recul des géants de la technologie et la tension persistante sur le marché obligataire, dans un contexte d’incertitudes géopolitiques.
La Bourse de New York cédait du terrain en début de séance, les investisseurs digérant les inquiétudes liées à l’inflation et à l’absence d’avancées majeures lors du récent sommet entre Donald Trump et Xi Jinping. Vers 14 heures GMT, l’indice Dow Jones reculait de 0,83%, tandis que le Nasdaq, dominé par les valeurs technologiques, chutait de 1,58%. L’indice élargi S&P 500 perdait pour sa part 1,08%.
Plusieurs facteurs expliquent ce mouvement de baisse. Les opérateurs s’interrogent notamment sur la capacité des actions liées à l’intelligence artificielle à poursuivre leur récente progression. Après avoir soutenu la tendance ces derniers jours, les valeurs du secteur des semi-conducteurs évoluaient majoritairement dans le rouge. Nvidia, première capitalisation boursière mondiale, abandonnait 3,91%, tandis qu’Intel, AMD et Micron reculaient respectivement de 6,74%, 4,75% et 5,45%. Un analyste a souligné que des hausses aussi brutales que celles observées récemment rendent les marchés particulièrement instables.
Parallèlement, la dégradation du marché obligataire mondial, alimentée par les craintes inflationnistes, pèse sur la confiance des investisseurs. Le rendement des emprunts d’État américains à dix ans se tendait à 4,56%, contre 4,48% la veille, et celui à deux ans atteignait 4,07%. Ces fluctuations importantes sur les obligations rendent difficile pour les marchés actions de les ignorer.
Cette tension sur les taux coïncide avec une nouvelle hausse des prix du pétrole, elle-même liée à la prise de conscience que le sommet Trump-Xi n’a pas permis d’avancée décisive pour mettre fin au conflit en Iran. Le président américain s’est contenté de rapporter des propos encourageants de son homologue chinois, qui aurait assuré que Pékin ne fournirait pas d’armes à Téhéran et pourrait contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transite habituellement un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié, est bloqué par l’Iran depuis le début de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran fin février.
Du côté des valeurs, la start-up américaine de puces électroniques Cerebras chutait de 10,38% à 278,78 dollars, dans le sillage du secteur. La veille, le titre avait bondi de plus de 68% pour son premier jour de cotation. En revanche, le géant Microsoft progressait de 1,54% à 415,75 dollars, après que l’investisseur activiste Bill Ackman a annoncé l’achat d’actions du groupe par sa société d’investissement Pershing Square, jugeant sa valorisation très attractive. Enfin, la plateforme américaine de design collaboratif Figma s’adjugeait 12,01% à 22,67 dollars, portée par des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et des prévisions de chiffre d’affaires revues à la hausse pour l’ensemble de l’année.





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