Économie
À Carcassonne, les syndicats dénoncent une expulsion politique orchestrée par le maire RN
Environ deux cents militants se sont rassemblés devant la bourse du travail pour protester contre la décision de la municipalité de réclamer la restitution de locaux occupés par plusieurs organisations hostiles à l’édile.
Mercredi, un rassemblement a réuni près de deux cents syndicalistes devant la bourse du travail de Carcassonne, un édifice municipal au cœur d’un différend opposant la mairie d’extrême droite à plusieurs organisations syndicales. Le maire, Christophe Barthès, élu en mars à la tête de cette cité de cinquante mille habitants, a sommé la CGT, la FSU, Sud et la CFDT de libérer les bureaux qu’elles occupent gratuitement dans le centre-ville, au lendemain d’une manifestation contre ses premières mesures.
Le premier magistrat justifie cette décision en affirmant que ces syndicats, en s’opposant au choix exprimé par les urnes le 22 mars, ont abusé des largesses des contribuables. Une argumentation qualifiée de « honteuse » par Patrick Borde, co-secrétaire départemental de la FSU, qui y voit une entrave à la liberté d’expression et de manifestation. Selon lui, ces locaux constituent un outil de travail au service de l’intérêt général, destiné à accueillir les salariés du secteur privé comme du public. Il s’interroge sur les conséquences d’une telle attitude si le Rassemblement national accédait au pouvoir en 2027.
Ancien agriculteur et ex-responsable départemental du syndicat Coordination rurale, Christophe Barthès assure pour sa part respecter la liberté syndicale, mais affirme en avoir fini avec ce qu’il considère comme une exploitation indue des ressources municipales par ceux qui les critiquent. Depuis son arrivée, il a suscité plusieurs polémiques en retirant le drapeau européen de la façade de l’hôtel de ville et en supprimant la subvention à la Ligue des droits de l’Homme, après que celle-ci a contesté en justice un arrêté anti-mendicité.
Les syndicats concernés par cette mesure d’expulsion entendent contester la décision devant les tribunaux. Dans un courrier adressé aux ministres de l’Intérieur et du Travail, les principales centrales syndicales nationales ont dénoncé la « mauvaise foi politique » de la municipalité. Elles rappellent que les bourses du travail et les locaux syndicaux ne sont pas des espaces municipaux ordinaires, mais des lieux historiques dédiés à l’accueil et à la défense des travailleurs.
Les organisations appellent le gouvernement à intervenir pour garantir le respect des libertés syndicales et des principes républicains. Elles insistent sur le fait qu’en démocratie, les syndicats ne sauraient être réduits au silence. Selon elles, la décision du maire de Carcassonne contrevient à la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical adoptée en 1948.
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