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Économie

Décharges sauvages de Nestlé : la justice rouvre le dossier des expertises annulées

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Le tribunal judiciaire de Nancy avait écarté des analyses accablantes pour Nestlé Waters dans une affaire de pollution historique. La cour d’appel va désormais se pencher sur cette décision.

La cour d’appel de Nancy va réexaminer la décision du tribunal judiciaire d’annuler plusieurs expertises défavorables à Nestlé Waters dans le cadre du procès concernant ses décharges sauvages dans les Vosges. Cette information, confirmée vendredi par des sources concordantes, marque un rebondissement dans cette affaire environnementale. Les parties ont été convoquées le 25 juin, après les appels interjetés par les parties civiles et le parquet, ont indiqué les avocats des associations environnementales et de l’association Anti-Corruption.

Ce réexamen devrait entraîner un report du jugement sur le fond, initialement prévu le 27 mai. La décision contestée remonte au premier jour du procès en mars, lorsque la majorité des expertises commandées durant l’enquête préliminaire avaient été annulées. Parmi elles figuraient toutes les analyses de taux de microplastiques et les rapports d’ingénieurs-conseils. Certaines de ces études révélaient des concentrations jugées très élevées de microplastiques dans les sols et les eaux à proximité de quatre décharges, où plus de 473 000 mètres cubes de bouteilles en plastique et autres déchets avaient été accumulés dans les années 1960 et 1970, avant que Nestlé n’acquière ces sites autour de Vittel.

Malgré cette annulation, les débats s’étaient poursuivis en ne s’appuyant que sur des études rassurantes, fournies par Nestlé elle-même. Le procureur avait requis la peine maximale, soit une amende de 750 000 euros, ainsi que la remise en état des lieux. Il avait également demandé au tribunal de ne pas juger l’affaire dans l’immédiat et de commander de nouvelles expertises indépendantes sur la question des microplastiques.

Interrogé par l’AFP, Nestlé Waters n’a pas souhaité commenter l’appel, se contentant de réitérer sa position. Le groupe, dont les avocats avaient plaidé la relaxe, continue de nier toute pollution et met en avant ses actions de retrait des déchets sur les sites concernés. De son côté, l’association Anti-Corruption s’est réjouie, dans un communiqué, que le parquet ait fait appel d’une décision jugée lourde de conséquences pour la manifestation de la vérité dans ce dossier environnemental d’ampleur exceptionnelle.

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