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Un dentiste lozérien jugé pour des mutilations dentaires en série

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Le tribunal correctionnel de Mende a entendu mercredi des patients dévastés par les actes d’un ancien praticien accusé d’avoir arraché des dents saines et posé des implants inutiles, provoquant des séquelles irréversibles.

Pendant plusieurs heures, les victimes se sont succédé à la barre pour décrire leur calvaire. Christophe, ancien patient, a raconté comment une simple canine cassée a conduit à l’extraction de sept dents en une seule séance. Un autre, cuisinier de profession, a expliqué que le praticien lui avait retiré toutes ses dents sous prétexte de kystes, laissant son masque de protection couvert de sang. Les témoignages se ressemblent, tous marqués par la violence des gestes et l’absence de justification médicale.

José Pereira Mendes, âgé de 61 ans, a comparu pour des faits de violences ayant entraîné des mutilations, d’escroquerie à la Sécurité sociale, d’abus de confiance et de blanchiment. Il encourt jusqu’à dix ans de prison. L’instruction a mis en lumière une pratique systématique d’extractions et de poses d’implants non nécessaires. Un rapport d’expertise a décrit des travaux dentaires “non conformes, inachevés et à refaire”, laissant les patients dans une grande détresse physique et psychologique.

L’un des plaignants, âgé de 66 ans, a raconté avoir reçu seize implants en une seule journée. Il a confié ruminer cette expérience depuis huit ans, évoquant une souffrance morale et sociale insupportable. Un autre, âgé de 41 ans, a décrit une scène où le dentiste, pour extraire une canine, posait son pied sur la chaise afin de tirer de toutes ses forces. Il a depuis perdu la capacité de manger du pain et souffre de troubles cognitifs.

Les implants posés se dévissaient fréquemment, et les patients se sont retrouvés sans solution. Plusieurs dentistes consultés par la suite ont refusé de reprendre ces chantiers, jugeant l’état buccal trop dégradé. Une patiente de 48 ans a dû emprunter de l’argent à des proches pour tenter de faire réparer des dents qui tombaient.

Le prévenu, radié de l’ordre des dentistes en 2022 et ayant déjà passé un an en détention provisoire, a nié tout enrichissement personnel. Il a toutefois reconnu avoir retiré régulièrement d’importantes sommes en liquide pour financer la construction d’une maison de sept chambres au Mozambique, sans déclarer ses revenus. Il a également affirmé avoir agi en accord avec le serment d’Hippocrate, tout en admettant avoir pu commettre une erreur dans un ou deux cas.

Le dossier d’instruction recense 44 victimes identifiées, mais la Sécurité sociale a relevé 1 234 anomalies dans 131 dossiers, ce qui laisse penser que le nombre réel de patients concernés est plus élevé. Le préjudice financier pour l’organisme est estimé à 330 000 euros, correspondant à des actes facturés sans justification médicale ou jamais réalisés.

Le procès se poursuit jeudi avec les dernières auditions des parties civiles, le réquisitoire et les plaidoiries, avant une mise en délibéré. L’affaire rappelle d’autres scandales dentaires, comme celui des frères Guedj à Marseille, condamnés en 2023 pour des mutilations similaires.

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