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‘Tout sauf métis’ la haine de soi d’un jeune admirateur du nazisme

Hisham L., 22 ans, fils d’un père marocain et d’une mère japonaise, ne cache pas son mépris pour les « sous-races » et son refus de ses origines mixtes. Ce…

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'Tout sauf métis' la haine de soi d'un jeune admirateur du nazisme

Hisham L., 22 ans, fils d’un père marocain et d’une mère japonaise, ne cache pas son mépris pour les « sous-races » et son refus de ses origines mixtes. Ce lundi, il comparaît à Paris avec cinq autres militants d’ultradroite pour association de malfaiteurs terroriste, soupçonnés d’avoir planifié des attaques violentes.

Le tribunal correctionnel de Paris a tenté de percer la carapace d’Hisham L., premier prévenu interrogé. Mais le jeune homme, détenu, n’a rien facilité. Laconique, agacé, il a refusé de commenter les images de symboles nazis retrouvées chez lui ou dans son téléphone. Il parle d’un « interrogatoire politique », répond à des « inepties » avec dédain. Pourtant, les enquêteurs ont découvert sa participation à des groupes aux noms explicites « Nazi de France », « Division homophobe belgo-française » ou « Cellule anti-gauchiste NSF ». Son attitude dans le box donne l’impression d’une autodestruction judiciaire, comme s’il cherchait à en découdre avec la justice elle-même.

Son histoire personnelle jette une lumière crue sur son idéologie. Sa mère a confié aux enquêteurs que son fils « aurait voulu être blanc ». Lui-même acquiesce : « Tout sauf métis ». Il explique que son père, emprisonné pour trafic de stupéfiants, était absent comme « beaucoup de gens de sa communauté ». Pendant cette détention, Hisham L. a été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, sa mère étant retournée au Japon. Il dit ne plus ressentir de « haine pour les migrants », seulement du « mépris ». Son évolution idéologique ? Il « pioche des idées de différents courants de pensée » et « essaie d’être éclectique ». Mais quand la présidente lui demande s’il pense toujours que les peuples ne doivent pas se mélanger, sa réponse fuse : « Oui ».

Les faits matériels sont lourds. En juin 2023, des gendarmes ont été appelés parce qu’il menaçait des passants avec un couteau. À son domicile savoyard, ils ont trouvé quelques grammes de TATP, un explosif artisanal, et des armes. Hisham L. justifie les armes par une agression subie en 2022, et l’explosif par « curiosité ». Il minimise un épisode où il portait une tenue du Ku Klux Klan en forêt : « un canular ». Les saluts et chants nazis dans les rues de Chambéry ? « un détail ». Les tags antisémites ? Il n’était qu’un « assistant » qui fournissait le matériel et prenait des photos. Pourtant, les armes venaient d’Aurélien K., un autre prévenu qui approvisionnait des correspondants d’ultradroite. En fin d’audience, la présidente aborde l’automutilation qu’il s’est infligée en détention. Il explique ne pas supporter l’enfermement. Et il ajoute, comme un aveu : « Haine envers moi-même ».

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