Monde
Tensions frontalières thaïlando-cambodgiennes, l’appel de Washington attendu


Les hostilités persistent le long de la frontière disputée, forçant des centaines de milliers de civils à l’exode, alors qu’une médiation internationale est en préparation.
Les échanges de tirs se poursuivaient ce jeudi dans la zone frontalière contestée entre la Thaïlande et le Cambodge. Les violences, qui ont repris cette semaine, ont déjà entraîné la mort d’au moins quinze personnes. Plus d’un demi-million d’habitants des provinces frontalières ont dû quitter leurs foyers pour échapper aux combats, centrés autour de sites archéologiques khmers dont la souveraineté est litigieuse.
Aucune volonté de désescalade n’était perceptible de part et d’autre dans la matinée. Les autorités des deux pays se rejettent mutuellement la responsabilité de la reprise des affrontements. Cette situation intervient alors qu’une intervention diplomatique de haut niveau est anticipée. L’ancien président américain Donald Trump doit s’entretenir dans la journée avec les Premiers ministres thaïlandais et cambodgien, Anutin Charnvirakul et Hun Manet, afin de les exhorter à déposer les armes.
L’homme d’affaires américain, qui avait déjà joué un rôle de facilitateur lors d’une précédente crise en juillet aux côtés d’autres acteurs régionaux, s’était félicité mercredi du caractère « constructif » de ses relations avec les deux dirigeants. Un accord de cessez-le-feu, parrainé par M. Trump et signé fin octobre, avait cependant été suspendu par Bangkok après un incident survenu quelques semaines plus tard. La position thaïlandaise semble désormais plus ferme, son porte-parole aux Affaires étrangères ayant indiqué qu’une médiation extérieure n’était pas recevable « à ce stade », estimant qu’une « ligne rouge » avait été franchie.
Dans les zones d’accueil pour personnes déplacées, l’attente est pesante. À Surin, en Thaïlande, des familles entières occupent des bâtiments universitaires réquisitionnés, tentant de maintenir une routine quotidienne. Une agricultrice de soixante et un ans confie son désarroi après avoir dû abandonner ses champs au moment crucial des plantations. « Chaque reprise des combats signifie que la vie s’arrête à nouveau », explique-t-elle. Au Cambodge, dans la province d’Oddar Meanchey, des civils ont trouvé refuge dans des temples. Une grand-mère de cinquante-cinq ans, tenant son petit-fils dans les bras, décrit un exode précipité sous le feu de l’artillerie. « Je veux simplement que cela cesse », implore-t-elle.
Parallèlement, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a exprimé sa vive préoccupation quant au sort du patrimoine culturel situé dans la zone des affrontements, notamment le temple de Preah Vihear. L’agence onusienne a lancé un appel solennel à la protection de ces sites et a communiqué leurs coordonnées précises aux belligérants pour prévenir tout dommage.





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