Monde
Surveillance renforcée pour Jair Bolsonaro, le juge anticipe un risque de fuite


L’ancien président brésilien, assigné à résidence et jugé pour tentative de putsch, fait l’objet d’un encadrement policier strict à l’approche de son procès définitif. La tension diplomatique avec Washington ajoute une dimension internationale au dossier.
Un magistrat de la Cour suprême du Brésil a exigé une surveillance permanente de Jair Bolsonaro, invoquant la crainte sérieuse que l’ancien chef de l’État ne tente de quitter le territoire national. Cette décision intervient alors que le procès pour tentative de coup d’État doit s’ouvrir prochainement. L’ex-président, âgé de 70 ans, est déjà soumis à une assignation à résidence et porte un bracelet électronique depuis le mois d’août.
La mesure a été ordonnée après qu’un élu du parti au pouvoir a alerté sur la possibilité d’une évasion, s’appuyant notamment sur les activités menées aux États-Unis par Eduardo Bolsonaro, fils de l’ancien dirigeant. Ce dernier mènerait depuis Washington une campagne active en faveur de son père, sollicitant l’intervention des autorités américaines. Le juge a considéré que ces agissements renforçaient les suspicions de fuite.
Parallèlement, le contentieux diplomatique entre Brasília et Washington s’intensifie. L’administration Trump a récemment imposé des taxes supplémentaires sur certaines exportations brésiliennes et sanctionné plusieurs personnalités, dont le ministre de la Justice Ricardo Lewandowski, dont le visa américain a été révoqué. Le président Lula a qualifié ces mesures d’inacceptables, tout en réaffirmant sa volonté de dialogue dans le respect de la souveraineté nationale.
L’enquête pénale contre Jair Bolsonaro se poursuit. Les forces de l’ordre ont recommandé sa mise en accusation ainsi que celle de son fils, après la découverte dans ses communications d’une ébauche de demande d’asile politique adressée à l’Argentine. La défense de l’intéressé conteste la portée de ce document, le qualifiant de simple projet sans suite.
L’atmosphère politique reste tendue. Lors d’un récent conseil des ministres, les participants portaient des casquettes arborant le slogan « Le Brésil appartient aux Brésiliens », message perçu comme une réponse symbolique aux pressions étrangères.





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