Économie
STMicroelectronics lance un vaste plan de départs volontaires en France et dans le monde

Le géant des semi-conducteurs prévoit 1 000 départs en France sur 2 800 au niveau mondial, suscitant la colère des syndicats.
Le groupe STMicroelectronics a annoncé un important programme de départs volontaires concernant près de 1 000 salariés en France, sur un total de 2 800 postes supprimés à l’échelle internationale d’ici fin 2027. Cette décision, dévoilée lors d’une réunion avec les représentants du personnel, intervient dans un contexte de restructuration initiée en octobre dernier. L’entreprise, qui emploie 12 000 personnes dans l’Hexagone et 50 000 dans le monde, assure qu’aucun licenciement forcé ni fermeture de site n’est prévu.
Les syndicats ont vivement réagi à cette annonce, dénonçant des suppressions d’emplois alors que le groupe bénéficie de soutiens publics substantiels. En 2023, STMicroelectronics a ainsi perçu près de 487 millions d’euros d’aides de l’État, sous forme de subventions et de crédits d’impôts. La direction envisage par ailleurs de redéployer en interne environ 2 500 collaborateurs, une mesure également contestée.
Sur le plan financier, le premier trimestre 2025 a été marqué par une chute drastique des résultats, avec un bénéfice net en recul de 89 % et un chiffre d’affaires en baisse de 27,3 %. Malgré un espoir de redressement au deuxième trimestre, l’entreprise reste prudente face aux incertitudes géopolitiques et aux tensions commerciales, notamment liées aux droits de douane américains.
En parallèle, des dissensions entre les actionnaires français et italiens, qui détiennent conjointement 27,5 % du capital, compliquent la situation. Les divergences portent notamment sur la gouvernance et le maintien du PDG Jean-Marc Chéry, dont le mandat a été renouvelé en 2023 malgré l’opposition récente du ministre italien des Finances. Cette instabilité ajoute une pression supplémentaire sur un groupe déjà fragilisé par un environnement économique difficile.

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