Société
Sondage présidentiel : la polémique qui révèle les tensions internes au Rassemblement National
Un récent sondage excluant Marine Le Pen a provoqué l’ire des cadres du RN, trahissant une nervosité croissante autour de la succession pour 2027.
L’annonce d’une vaste enquête d’intentions de vote, commandée par l’observatoire Hexagone et réalisée par l’Ifop, a mis le feu aux poudres au sein du Rassemblement National. Le motif ? L’absence de Marine Le Pen dans la liste des candidats testés, alors que Jordan Bardella y figurait en bonne place. Une omission perçue comme une manœuvre pour semer le trouble, dans un contexte où la présidente du parti, empêchée de se présenter en 2027 en raison d’une condamnation judiciaire, voit sa légitimité contestée.
L’initiative a immédiatement suscité des réactions virulentes. Jean-Philippe Tanguy, député RN, a dénoncé une tentative délibérée d’« affaiblir le camp national », accusant les commanditaires du sondage de vouloir instrumentaliser les résultats. Hexagone, financé par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, se défend pourtant de toute malveillance. Selon Paul Cebille, l’un de ses membres, l’exclusion initiale de Marine Le Pen s’expliquait simplement par son inéligibilité supposée, avant qu’un ajout tardif ne soit effectué pour apaiser les tensions.
Sur le fond, les résultats montrent peu de différence entre les deux figures du RN : Marine Le Pen et Jordan Bardella recueilleraient des scores similaires au premier tour, autour de 32 à 35 %, et livreraient un duel serré face à Édouard Philippe au second tour. Pour Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, cette quasi-équivalence témoigne de la solidité électorale du parti, quelle que soit sa tête d’affiche.
Mais derrière cette apparente unité se cache une réalité plus complexe. Les récentes passes d’armes entre partisans de Le Pen et de Bardella révèlent des lignes de fracture encore latentes. La méthodologie du sondage, jugée hasardeuse par certains experts, alimente par ailleurs les suspicions. La commission d’enquête parlementaire sur les élections a d’ailleurs convoqué les responsables de l’Ifop et de Hexagone pour éclaircir ces zones d’ombre.
Si le RN affiche une façade unie, cette polémique illustre les défis qui l’attendent : gérer la transition générationnelle en son sein tout en maintenant sa dynamique électorale. Un équilibre fragile, alors que l’horizon de 2027 se rapproche.
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