Économie
Sanofi et Bristol Myers Squibb éteignent un contentieux historique à Hawaï pour 700 millions de dollars

Un règlement financier majeur clôt une bataille judiciaire de plus de dix ans concernant l’anticoagulant Plavix, accusé d’avoir caché des risques pour certaines populations.
Les groupes pharmaceutiques Sanofi et Bristol Myers Squibb (BMS) ont accepté de verser 700 millions de dollars à l’État d’Hawaï pour mettre fin à une longue controverse autour de leur médicament Plavix. Cet accord intervient après des années de procédures judiciaires, où les autorités locales reprochaient aux laboratoires d’avoir minimisé les limites d’efficacité du traitement pour une partie des patients.
Les poursuites s’appuyaient sur des études montrant que le médicament, un anticoagulant largement prescrit, présentait une efficacité réduite chez près de 30 % des patients, notamment ceux d’origine asiatique ou insulaire du Pacifique. Or, ces populations constituent une part significative des habitants d’Hawaï. Les plaignants accusaient les firmes d’avoir délibérément omis d’informer sur ces risques, compromettant ainsi la santé publique.
Le montant du règlement, réparti à parts égales entre Sanofi et BMS, évite aux deux géants un nouveau procès. En mai 2024, un tribunal avait pourtant condamné les laboratoires à payer 916 millions de dollars, jugeant qu’ils avaient sciemment freiné les recherches sur les effets du Plavix pendant plus de dix ans. Les entreprises avaient alors annoncé leur intention de faire appel avant d’opter finalement pour cette solution négociée.
Les autorités hawaïennes ont salué cette issue comme une victoire pour les consommateurs. Le gouverneur de l’État a souligné que cet accord démontrait leur détermination à faire respecter les lois locales, quelle que soit la puissance des entreprises concernées. La procureure générale a quant à elle rappelé l’importance de la transparence dans le domaine pharmaceutique.
Commercialisé sous le nom générique de clopidogrel, le Plavix est un médicament anticoagulant destiné à prévenir la formation de caillots sanguins. Malgré les controverses, il reste l’un des traitements les plus prescrits dans le monde. Ce règlement marque toutefois un tournant dans les obligations d’information des laboratoires vis-à-vis des patients et des autorités sanitaires.

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