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Près de 3 millions de chômeurs privés de revalorisation le 1er juillet

Pour la première fois en dix ans, les allocations chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet. Les syndicats réclamaient une hausse de 2,41% mais le…

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Près de 3 millions de chômeurs privés de revalorisation le 1er juillet

Pour la première fois en dix ans, les allocations chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet. Les syndicats réclamaient une hausse de 2,41% mais le patronat a bloqué la décision.

C’est un coup d’arrêt inédit depuis 2016. Alors que l’inflation continue de grignoter le pouvoir d’achat, les demandeurs d’emploi vont devoir se contenter des mêmes indemnités qu’aujourd’hui. L’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance chômage, a annoncé mardi qu’aucune augmentation n’aura lieu le mois prochain. La raison est simple: les syndicats et le patronat sont arrivés à égalité des voix 25 contre 25. Faute de majorité, le statu quo s’impose automatiquement.

Les cinq organisations syndicales avaient pourtant fait front commun. Ensemble, elles proposaient une revalorisation de 2,41% pour coller à la hausse du Smic et à l’inflation des douze derniers mois. Mais les organisations patronales, Medef en tête, ont dit non. Leur argument: la dette de l’assurance chômage, qui devrait atteindre 62 milliards d’euros fin 2026, et la dégradation des finances publiques. Pour les patrons, priorité à la rigueur et au remboursement de la dette, quitte à geler les allocations.

Cette décision a un visage concret. Aujourd’hui, l’allocation minimale est de 32,13 euros par jour, soit moins de 1000 euros par mois pour la moitié des 2,7 millions d’indemnisés. La moyenne mensuelle atteint à peine 1040 euros. Pour les syndicats, ce gel est une injustice. La CGT parle d’une « outrance patronale » et demande une réforme des règles pour qu’un blocage ne conduise plus automatiquement au gel. La CFDT dénonce un choix dogmatique qui tombe au mauvais moment, alors que la situation économique pèse déjà lourdement sur les chômeurs et leurs familles. Le Medef, lui, assume: il estime qu’il faut d’abord assainir les comptes et demande à l’État de ne pas ponctionner davantage les caisses de l’Unédic. Le débat est posé entre rigueur budgétaire et protection des plus fragiles.

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