Faits Divers
L’usage détourné du protoxyde d’azote mobilise massivement les forces de l’ordre en région parisienne


Les autorités constatent une augmentation spectaculaire des interventions liées à ce gaz, dont le trafic s’organise et dont les conséquences, sanitaires et sécuritaires, sont de plus en plus préoccupantes.
Les services de police de la capitale et de sa proche banlieue ont enregistré une hausse marquée des opérations en lien avec le protoxyde d’azote depuis le début de l’année. Selon des données officielles, plus de douze cents interventions ont été comptabilisées sur les dix premiers mois de l’année, représentant une progression de plus de cinquante pour cent par rapport à la période équivalente en 2024. Cette substance, communément appelée « gaz hilarant », fait l’objet d’un commerce illicite en pleine expansion.
Les enquêtes mettent en lumière des réseaux criminels de plus en plus structurés. Récemment, une organisation recrutant de jeunes femmes vulnérables et leur fournissant ce produit pour faciliter des activités de proxénétisme a été démantelée en Seine-Saint-Denis et en Seine-et-Marne. Par ailleurs, une autre filière opérant entre l’Île-de-France et la Pologne a été interrompue au printemps dernier, conduisant à des interpellations et à la saisie de plusieurs tonnes de gaz, d’argent liquide et d’armes.
L’impact sur la sécurité publique est significatif. Les forces de l’ordre signalent une multiplication des refus d’obtempérer et des accidents de la circulation impliquant des conducteurs sous l’emprise de cette substance, souvent associée à d’autres produits. Un récent accident mortel dans le Gard, où un véhicule transportant des bouteilles de ce gaz a fini sa course dans une piscine, illustre les risques extrêmes encourus.
Le cadre juridique actuel, qui ne classe pas le protoxyde d’azote parmi les stupéfiants, est pointé du doigt par les experts comme une faille exploitée par les trafiquants. Bien que sa vente soit interdite aux mineurs, le gaz reste aisément accessible dans le commerce ou sur internet. Il est principalement importé depuis la Belgique et les Pays-Bas. Une bonbonne, vendue entre vingt et trente euros, permet de préparer plus de quatre-vingts ballons, dont l’inhalation peut provoquer des séquelles graves, neurologiques ou respiratoires, voire entraîner le décès.





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