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L’UE et la Chine tentent d’éviter une guerre commerciale à couteaux tirés
Le déficit commercial européen dépasse le milliard d’euros par jour. Bruxelles accuse Pékin de concurrence déloyale et réclame des règles du jeu…


Le déficit commercial européen dépasse le milliard d’euros par jour. Bruxelles accuse Pékin de concurrence déloyale et réclame des règles du jeu équitables avant que la situation ne devienne explosive.
Les regards étaient fixés sur la même table lundi à Bruxelles. D’un côté, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic. De l’autre, le ministre chinois Wang Wentao. Au menu de leur dîner de travail un sujet brûlant le déséquilibre toujours plus profond entre les échanges des deux blocs. Le constat est sans appel le déficit commercial de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine atteint désormais un milliard d’euros par jour. Un gouffre que Bruxelles attribue en grande partie à des pratiques jugées déloyales de Pékin subventions massives aux entreprises chinoises, accès limité au marché chinois pour les Européens. « L’écart se creuse. Les exportations de la Chine vers l’UE continuent d’augmenter tandis que notre part du marché chinois ne cesse de se réduire », a résumé Sefcovic avant la rencontre. Son message était clair le statu quo n’est plus tenable.
Pour tenter de désamorcer les tensions, les deux parties ont convenu de multiplier les échanges de données et les discussions dans les mois à venir. L’objectif affiché est d’obtenir des résultats concrets d’ici octobre, date à laquelle Sefcovic se rendra à son tour en Chine. Mais le calendrier est serré. Du côté européen, la patience s’effrite. Les Vingt-Sept réclament à Bruxelles des outils plus offensifs pour protéger leur industrie automobile, sidérurgique ou chimique, menacée par l’afflux de produits chinois subventionnés. L’UE a déjà pris des mesures inédites ces derniers mois doublement des droits de douane sur l’acier ou taxation des petits colis qui entreront en vigueur mercredi. Mais la Commission n’a pas encore dévoilé de plan complet pour réduire sa dépendance aux matières premières critiques et aux semiconducteurs chinois.
Pékin ne se contente pas de prôner le dialogue. Derrière la main tendue, la Chine brandit aussi son bâton. « Si l’UE persistait à vouloir imposer des dispositions restrictives, elle serait contrainte de prendre des contre-mesures », avait prévenu la semaine dernière le chef de la mission chinoise à Bruxelles. Pourtant, personne n’a intérêt à une guerre commerciale frontale. La Chine reste le quatrième débouché pour les exportateurs européens et le premier fournisseur de l’UE. Après son passage à Bruxelles, Wang Wentao s’envole pour Londres où la commission économique et commerciale sino-britannique s’ouvre mardi. Le dossier de l’acier sera à nouveau sur la table. Les deux géants économiques marchent sur une corde raide, conscients que le moindre faux pas pourrait faire basculer des décennies de relations commerciales.





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