Monde
L’ONU lève les sanctions contre le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh


Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution mettant fin aux mesures restrictives visant le président syrien par intérim. Cette décision intervient à la veille d’une visite historique à Washington.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé jeudi la levée des sanctions frappant le président syrien par intérim Ahmad al-Chareh et son ministre de l’Intérieur. Adoptée par quatorze voix favorables et une abstention, cette résolution retire les deux responsables de la liste des individus et groupes soumis à des restrictions financières, des interdictions de voyage et un embargo sur les armes. Le texte salue les engagements des nouvelles autorités de Damas dans la lutte antiterroriste et la sécurisation de la région.
L’ambassadeur américain auprès des Nations Unies a qualifié ce vote de message politique fort, estimant qu’il marquait l’entrée de la Syrie dans une ère nouvelle. Il a souligné les efforts du gouvernement syrien pour combattre le terrorisme, éliminer les stocks d’armes chimiques et stabiliser la situation régionale. De son côté, le ministre syrien des Affaires étrangères a exprimé sa gratitude envers les États-Unis et leurs alliés pour ce geste de confiance envers la direction du président al-Chareh.
Le représentant syrien à l’ONU a pour sa part affirmé que cette résolution reflétait la volonté du peuple syrien de retrouver sa place légitime dans la communauté internationale et de reconstruire le pays. La Russie, qui avait traditionnellement utilisé son droit de veto pour protéger l’ancien régime, a cette fois soutenu la résolution. En revanche, la Chine s’est abstenue, son ambassadeur ayant exprimé des réserves quant à la présence persistante de combattants étrangers pouvant profiter de la fragilité sécuritaire.
Ahmad al-Chareh, dont les forces ont renversé le président Bachar al-Assad en décembre 2024, figurait sur la liste des sanctions onusiennes depuis 2013 en tant qu’ancien dirigeant du groupe Hayat Tahrir al-Cham. Cette organisation, autrefois liée à Al-Qaïda sous le nom de Front al-Nousra, avait rompu ses connexions jihadistes en 2016. Malgré son inscription sur les listes de sanctions, le président par intérim a effectué plusieurs déplacements internationaux avec des exemptions spéciales, dont une récente participation à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.
Sa prochaine visite à la Maison Blanche, prévue lundi, constituera une première pour un chef d’État syrien. Cette rencontre s’inscrit dans le contexte de la décision américaine annoncée en mai dernier de lever les sanctions contre la Syrie, sujet qui figurera en bonne place dans les discussions bilatérales.





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