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Les poissons suffoquent dans les rivières en surchauffe

La canicule de juin 2026 transforme les rivières en piège mortel pour la faune aquatique. Entre eaux trop chaudes et lits asséchés, les poissons n’ont…

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Les poissons suffoquent dans les rivières en surchauffe

La canicule de juin 2026 transforme les rivières en piège mortel pour la faune aquatique. Entre eaux trop chaudes et lits asséchés, les poissons n’ont plus où se réfugier.

Dans l’Ain, la rivière Albarine est méconnaissable. Son lit s’est asséché sur deux kilomètres. Là où l’eau subsiste, elle est bien trop chaude pour les poissons. Un chercheur venu sur place a retrouvé des alevins à moitié morts, flottant à la surface. « L’eau est trop chaude, ils meurent », a-t-il constaté. Le réchauffement frappe surtout les petits cours d’eau, ceux du réseau secondaire, les plus vulnérables. Les arbres eux-mêmes aggravent la situation. Comme les humains, ils transpirent et pompent l’eau des sols et des nappes pour survivre.

Pour échapper à cette fournaise aquatique, les poissons modifient leur comportement. Ils remontent le courant pour chercher des zones plus fraîches, quand aucun barrage ne les en empêche. Mais toutes les espèces ne réagissent pas de la même manière. Le chevesne et la carpe supportent mieux la chaleur. La truite fario, elle, ne résiste pas. Sa population a chuté de 50 à 60% en une dizaine d’années. Les poissons qui survivent grandissent plus vite mais deviennent plus petits. Leur fécondité diminue. L’année suivante, ils se reproduisent moins bien.

Les conséquences se voient aussi sur les berges. Les pêcheurs amateurs perdent entre 30 et 50% de leur temps de pratique sur les petits cours d’eau. L’eau est trop basse, trop lente, trop chaude. Mais le problème ne s’arrête pas là. La chaleur réduit l’oxygène dissous dans l’eau. En parallèle, les nitrates et phosphates favorisent la prolifération d’algues et d’espèces exotiques qui nuisent aux poissons locaux. Les écosystèmes n’ont plus le temps de se régénérer entre deux sécheresses. D’après les spécialistes, il faudrait trois à cinq ans de conditions normales pour que les rivières se remettent. Mais les vagues de chaleur s’enchaînent. Et les seuils deviennent alarmants.

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