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L’Assemblée se transforme en ring de campagne pour LFI et le RN à dix mois de la présidentielle
Dans les couloirs du Palais Bourbon, la bataille pour 2027 a déjà sonné. Insoumis et frontistes transforment chaque prise de parole en meeting, pendant…


Dans les couloirs du Palais Bourbon, la bataille pour 2027 a déjà sonné. Insoumis et frontistes transforment chaque prise de parole en meeting, pendant que les autres partis peinent à trouver leur rythme.
Mardi dernier, dans une salle de presse de l’Assemblée, le député LFI François Piquemal brandit un maillot floqué « Mélenchon 27 ». Un clin d’œil à peine voilé à l’élection à venir. De l’autre côté de l’hémicycle, les députés RN répètent en boucle « Quand Marine Le Pen et Jordan Bardella arriveront au pouvoir ». Un élu d’extrême droite a même écrit à la présidente Yaël Braun-Pivet pour dénoncer ces « promotions électorales » dans les locaux.
Depuis le 3 mai, date de la déclaration de Jean-Luc Mélenchon, chaque intervention insoumise se termine par un « tenez bon » ou « l’année prochaine nous prendrons le pouvoir ». Les débats sur des textes de loi se transforment en professions de foi : un jour la sécurité, le lendemain le logement. « Nous, on est déjà partis, quand les autres se demandent encore avec quel candidat », résume Éric Coquerel, figure du groupe LFI. Cette stratégie contraste avec le silence des autres formations.
À gauche, les noms de Raphaël Glucksmann, François Ruffin ou Clémentine Autain flottent dans les médias mais presque jamais dans l’hémicycle. Les députés socialistes ou centristes hésitent encore. À droite, difficile pour les groupes soutenant l’exécutif de marteler « quand nous serons au pouvoir ». Gabriel Attal a essayé avec un texte sur le 1er-Mai, sans grand écho. Édouard Philippe a carrément choisi de faire campagne hors de l’Assemblée, lui qui ne s’est pas présenté aux législatives. Bruno Retailleau, candidat LR, s’appuie surtout sur le Sénat.
Pour l’instant, un pacte de non-agression informel tient entre les camps. Mais certains observateurs prédisent que les débats budgétaires de l’automne pourraient transformer l’hémicycle en véritable arène électorale. D’ores et déjà, la campagne pèse sur les votes : un député RN reconnaît que la volonté d’apparaître « pro-business » a influencé certaines positions. À l’inverse, un élu de droite parie sur un apaisement des Insoumis, comme en 2022, pour ne pas effrayer l’électorat pendant que Mélenchon mène sa propre campagne.





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