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Les petits commerces russes étouffés par la guerre en Ukraine

Dans les banlieues de Moscou, les devantures closes se multiplient. Après plus de quatre ans de conflit, l’économie russe tourne à deux vitesses et les…

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Les petits commerces russes étouffés par la guerre en Ukraine

Dans les banlieues de Moscou, les devantures closes se multiplient. Après plus de quatre ans de conflit, l’économie russe tourne à deux vitesses et les petits commerçants trinquent.

Les panneaux « à vendre » et les rideaux baissés deviennent un paysage familier à Mytichtchi, une banlieue populaire de la capitale russe. Pharmacies, boucheries, épiceries ferment les unes après les autres. La guerre en Ukraine a beau coûter des milliards de dollars chaque mois à l’État russe, elle a surtout créé une économie à deux étages. D’un côté, l’industrie de la défense, portée par les commandes publiques, tourne à plein régime. De l’autre, le reste du petit commerce souffre en silence. Hausse des impôts, inflation tenace, clients qui serrent la ceinture : la recette est amère pour des milliers d’entrepreneurs.

Prenez cette pharmacienne, installée depuis douze ans dans le même quartier. Elle a vu ses charges exploser dès le début de l’offensive en Ukraine. « Mon commerce est à l’agonie, je pense tout arrêter », confie-t-elle, sans révéler son identité par crainte. L’inflation grignote ses marges, les consommateurs réduisent leurs achats et les impôts ne cessent d’augmenter. Même constat du côté des salons de beauté. Janna, propriétaire d’un institut de manucure, a dû quitter son local pour un espace partagé. Ses clients choisissent désormais des soins moins chers ou renoncent carrément. « Toutes les charges ont augmenté », dit-elle. Elle envisage même de glisser une partie de son activité dans l’économie informelle pour survivre.

La boucherie d’Alina, ouverte en 2015 avec son mari, est un autre exemple de cette lente asphyxie. La quadragénaire constate une chute nette du pouvoir d’achat de sa clientèle. Et les nouvelles règles fiscales, censées combler le déficit budgétaire creusé par les dépenses militaires, ont multiplié sa charge fiscale. « Ils ont décidé de nous donner le coup de grâce », lâche-t-elle, désabusée. Elle résume le dilemme de beaucoup de petits patrons russes payer ses impôts honnêtement et mettre la clé sous la porte, ou tricher pour survivre. La guerre a beau être loin du front pour les habitants de Mytichtchi, elle a installé un climat économique qui ronge les commerces de proximité.

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