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Le secret de cette centrale nucléaire qui fait fondre la canicule
Alors que la chaleur extrême force EDF à mettre plusieurs réacteurs à l’arrêt, une centrale de la Vienne continue de produire sans broncher. Son astuce…


Alors que la chaleur extrême force EDF à mettre plusieurs réacteurs à l’arrêt, une centrale de la Vienne continue de produire sans broncher. Son astuce technique unique en France lui permet de refroidir l’eau mieux qu’elle ne la chauffe.
Ces derniers jours, les vagues de chaleur ont contraint l’électricien à stopper trois réacteurs nucléaires, au Bugey, à Nogent-sur-Seine et à Golfech. En cause, la température des fleuves qui sert à refroidir les installations. Quand l’eau est trop chaude, rejeter des effluents encore plus chauds deviendrait une menace pour les écosystèmes aquatiques. L’Autorité de sûreté nucléaire impose donc des limites strictes. Résultat, EDF doit réduire la puissance, voire couper la production. Mais à Civaux, rien de tout cela. Sous un soleil de plomb, les panaches blancs des tours s’élèvent sans interruption.
La centrale a été conçue dès son origine pour s’adapter à un débit très bas de la Vienne. Elle utilise un circuit fermé avec des tours de refroidissement classiques, mais aussi des tours “aéroréfrigérantes” supplémentaires. Ces dernières abaissent encore la température de l’eau de 3 à 7°C. Le résultat est spectaculaire. Par 42°C dehors, l’eau rejetée dans la rivière est plus fraîche que celle prélevée. Les relevés en temps réel le confirment. Alors que la Vienne atteint 28,49°C en amont, la centrale rejette une eau à 24,65°C. En aval, la température remonte à peine à 27,93°C. C’est une véritable rupture avec le fonctionnement habituel des centrales fluviales.
EDF compte bien généraliser cette solution. Les futurs réacteurs EPR2 du Bugey en seront équipés. Mais la température n’est pas le seul défi. Depuis début juin, le débit de la Vienne est si faible que les effluents chimiques et faiblement radioactifs ne peuvent pas être rejetés. Ils sont stockés dans six réservoirs géants, équivalents à 150 camions-citernes de lait, parfois pendant plusieurs mois. Un septième réservoir sera mis en service prochainement pour faire face à des sécheresses plus longues. Sans ces adaptations, l’impact des restrictions environnementales pourrait représenter 1,4% de la production nucléaire annuelle dès 2035. Un enjeu colossal alors que la France parie sur le nucléaire pour électrifier son économie.





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