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Le parquet d’Angers écarte la piste du lait contaminé dans la mort d’un nourrisson

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L’enquête sur le décès d’une fillette de 27 jours, survenu en décembre dernier, a pris une nouvelle orientation. Les analyses toxicologiques n’ont pas établi de lien entre la consommation d’un lait infantile rappelé et le décès, l’hypothèse d’une asphyxie étant désormais privilégiée.

Les investigations menées pendant plusieurs mois autour de la mort de la petite Isis, à Angers, viennent de connaître un tournant décisif. Le parquet d’Angers a annoncé mercredi 6 mai que la piste d’un empoisonnement par un lait contaminé était officiellement écartée. L’enfant était décédé à son domicile le 23 décembre 2025, quelques heures après avoir ingéré un biberon de lait infantile de la marque Guigoz. Ce produit avait fait l’objet d’un rappel en raison de la détection d’une toxine potentiellement dangereuse pour les nourrissons.

Le procureur de la République d’Angers, Eric Bouillard, a confirmé que si l’enfant avait bien été exposée à ce lait, cette exposition ne pouvait être retenue comme la cause du décès. Les dernières expertises médico-légales concluent désormais à une mort par asphyxie. Une ultime analyse toxicologique est encore attendue pour clore définitivement ce volet de l’enquête.

Cette mort accidentelle serait survenue dans un contexte de cododo. La mère de l’enfant, qui partageait le lit avec sa fille cette nuit-là, a été entendue en garde à vue à la fin du mois d’avril. Le parquet se donne encore du temps avant de décider des suites judiciaires à donner à cette affaire. Le procureur a souligné la dimension humaine particulièrement lourde de ce dossier.

C’est la mère elle-même qui avait contacté les enquêteurs en janvier dernier, évoquant la boîte de lait Guigoz utilisée pour nourrir son bébé. Ce produit appartenait bien aux lots qui avaient été rappelés par le fabricant. Si la présence de la toxine céréulide avait bien été détectée dans le lait ayant servi à préparer le biberon, les analyses de mars n’avaient pas permis d’établir un lien de causalité avec le décès.

Ce décès s’inscrit dans le cadre plus large d’une affaire sanitaire ayant touché plusieurs géants de l’industrie agroalimentaire. En décembre 2025, Nestlé avait procédé à des autocontrôles et découvert la présence de toxine céréulide dans un lot de lait infantile non commercialisé, produit aux Pays-Bas. Cette substance, produite par certaines bactéries, est particulièrement dangereuse pour les nourrissons et peut provoquer des troubles digestifs sévères. Le groupe avait alors rappelé des dizaines de lots dans une soixantaine de pays. Les marques Lactalis et Danone avaient également engagé des rappels. Tous ces lots partageaient un point commun : ils contenaient une huile riche en acide arachidonique, fournie par un même sous-traitant chinois.

Les autorités sanitaires françaises suivaient avec attention le cas de deux nourrissons décédés après avoir consommé un lait rappelé, dont celui d’Angers. Aucun lien de cause à effet n’a été établi à ce jour. Un troisième cas, survenu à Bordeaux, avait déjà été exclu début mars.

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