Économie
Le nord-ouest marocain sous les eaux, une catastrophe agricole

Des pluies diluviennes ont submergé des dizaines de milliers d’hectares de terres cultivées, anéantissant les récoltes et plongeant les agriculteurs dans une situation critique, après des années de sécheresse.
Dans les plaines du Gharb et du Loukkos, au nord-ouest du Maroc, le paysage est désormais celui d’un vaste lac. Des champs d’orge, de luzerne, de betteraves ou d’agrumes ont été engloutis par des inondations d’une ampleur exceptionnelle survenues ces dernières semaines. Pour des dizaines d’exploitants comme Mohamed Reouani, agriculteur dans la région de Kénitra, le bilan est sans appel. Ses parcelles, comme celles de nombreux voisins, sont irrécupérables pour la saison en cours, effaçant d’un coup l’espoir né du retour de la pluie après une longue période d’aridité.
Les autorités marocaines évaluent à environ 110 000 hectares la surface agricole inondée dans plusieurs provinces, un chiffre qui illustre l’étendue des dégâts. Le secteur de l’élevage, pilier de l’économie locale, est particulièrement touché. Les troupeaux, évacués en urgence, survivent grâce à des distributions de fourrage, tandis que les réserves de céréales destinées à leur alimentation ont été emportées par les flots. La Confédération marocaine de l’agriculture reconnaît l’ampleur des pertes, dont l’évaluation précise devra attendre la décrue.
Cette catastrophe survient paradoxalement après une succession d’années marquées par un déficit pluviométrique sévère, qui avait contraint à des restrictions d’irrigation. Les récentes précipitations, d’une intensité inédite, ont permis de relever spectaculairement le niveau des barrages, mais leur concentration géographique et leur violence ont provoqué des crues dévastatrices. Le gouvernement a annoncé un plan d’aide d’urgence, incluant un soutien financier direct aux agriculteurs sinistrés et des fonds pour la réhabilitation des infrastructures.
Malgré le désastre local, ces pluies abondantes à l’échelle nationale pourraient avoir un effet positif sur la croissance économique marocaine cette année, selon les prévisions du Fonds monétaire international. Cette perspective offre peu de réconfort aux exploitants du nord-ouest, qui doivent maintenant envisager la reconstruction de leurs moyens de subsidence, face à des champs dévastés et un avenir incertain.

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