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Le drapeau européen disparaît des frontons de plusieurs mairies RN

À peine installés, de nouveaux édiles issus du Rassemblement national ont retiré l’emblème de l’Union européenne de leurs bâtiments communaux, un geste symbolique qui suscite des critiques au regard des financements européens perçus par leurs territoires.
Plusieurs communes récemment placées sous l’administration du Rassemblement national ont engagé un retrait du drapeau européen des façades de leurs mairies. Cette initiative, observée à Carcassonne, Harnes, Cagnes-sur-Mer ou encore Canohès, intervient dans les premiers jours suivant l’entrée en fonction des nouveaux élus. Elle constitue une marque tangible de leur positionnement politique à l’égard des institutions européennes.
Le maire de Carcassonne, Christophe Barthès, a lui-même procédé à l’enlèvement du pavillon bleu étoilé, une scène qu’il a choisi de diffuser sur les réseaux sociaux. Cette décision rencontre des réactions contrastées au sein de la population locale. Certains habitants y voient un acte de souveraineté, tandis que d’autres expriment leur incompréhension, jugeant le geste dénué de portée pratique.
L’opposition municipale dénonce une démarche qu’elle qualifie d’incohérente, soulignant que ces collectivités bénéficient, comme beaucoup d’autres, de fonds structurels européens. Des élus pointent ce qu’ils perçoivent comme une contradiction, alors que des projets d’envergure sur ces territoires, tels que des équipements hospitaliers ou aéroportuaires, ont été soutenus financièrement par l’Union européenne.
Interrogé sur cette apparente discordance, Christophe Barthès a réaffirmé son attachement au seul drapeau national, tout en indiquant qu’il n’envisageait pas de renoncer aux aides européennes, qu’il distingue de la symbolique politique. Il a précisé que son entreprise agricole avait effectivement perçu des subventions dans le cadre de la Politique agricole commune, sans que cela ne modifie, selon lui, son analyse sur la représentation européenne.
La direction du Rassemblement national a indiqué qu’aucune instruction centralisée n’avait été donnée aux maires, laissant à chacun sa liberté d’action en la matière. Des figures du parti ont toutefois salué ces initiatives, les présentant comme l’expression d’une ligne souverainiste cohérente avec l’histoire électorale du mouvement. Cette séquence illustre la traduction concrète, au niveau local, d’un des principes fondateurs de la formation politique.

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