Politique
Le budget de la Sécurité sociale cristallise les tensions à l’Assemblée


Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a vivement critiqué le projet de loi de financement pour 2026, l’assimilant à une spoliation et enjoignant à ses collègues députés de le rejeter.
Lors d’une intervention télévisée dimanche, l’élu a fustigé un texte qu’il a qualifié de triple déni. Il a pointé du doigt la hausse de la contribution sociale généralisée, qu’il présente comme une ponction excessive sur les contribuables. Il a également déploré l’absence de nouvelle mesure concernant le système des retraites, y voyant un manquement aux engagements de redressement des comptes sociaux. Enfin, il a estimé que l’orientation du projet heurtait la sensibilité politique majoritaire dans le pays, créant selon lui un décalage démocratique. En conséquence, il a indiqué que les parlementaires de son parti ne devraient en aucun cas apporter leur soutain à ce budget, leur laissant le choix entre un vote négatif ou l’abstention.
L’examen du volet dépenses du budget de la Sécurité sociale est prévu ce mardi à l’Assemblée nationale, après l’adoption de la section consacrée aux recettes la semaine dernière. Le scrutin s’annonce particulièrement serré, les divisions au sein de la majorité plurielle compliquant toute prévision. Bruno Retailleau a émis des doutes sur une issue défavorable au gouvernement, évoquant la possibilité d’arrangements en coulisse pour rallier des suffrages. Il a par ailleurs reproché au Premier ministre d’avoir cédé du terrain à ses partenaires de gauche, notamment en gelant le dossier des retraites et en renonçant à utiliser l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer les textes budgétaires.
Évoquant son propre départ du gouvernement au début du mois d’octobre, le sénateur a justifié sa décision par un désaccord de fond sur la ligne politique. Il a affirmé avoir perçu un infléchissement marqué des orientations, regrettant parallèlement que le chef de l’État ait renforcé son emprise sur l’exécutif en plaçant un proche à Matignon. Il a enfin appelé le président de la République à adopter une posture plus en retrait, arguant que le verdict des urnes lors des dernières élections législatives lui commandait une forme de discrétion.





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