Société
Le bastion communiste de Vénissieux vacille face à la France insoumise


L’élection municipale partielle de ce dimanche dans la ville du Rhône s’annonce comme un duel serré. L’hégémonie historique du PCF, ininterrompue depuis l’après-guerre, est contestée par une candidature portée par La France insoumise.
À Vénissieux, le paysage urbain se transforme. Aux anciennes cheminées d’usine se substituent des immeubles neufs et le tracé d’une nouvelle ligne de tramway. Cette évolution physique accompagne une mutation politique profonde au sein de cette commune de la banlieue lyonnaise, longtemps considérée comme un fief inébranlable du Parti communiste français. La maire sortante, Michèle Picard, qui brigue un nouveau mandat, se trouve en position délicate à l’issue d’un premier tour qui l’a placée en tête avec une avance très réduite face à son principal adversaire.
Ce dernier, Idir Boumertit, est un élu local et député de La France insoumise. Ancien adjoint de la municipalité, il incarne une alternative pour une partie de l’électorat. Le scrutin initial a révélé une tendance à l’effritement du vote traditionnel, avec une participation en net recul. Pour conserver la mairie, la liste du PCF a dû former une alliance avec un autre candidat de gauche, espérant ainsi contrer la dynamique insoumise.
Dans les rues aux noms évocateurs de l’histoire ouvrière, l’attachement au passé coexiste avec un désir de renouvellement. Certains habitants, notamment parmi les plus âgés, évoquent avec nostalgie une époque où le vote communiste allait de soi. D’autres, plus jeunes, expriment une volonté de changement, pointant parfois du doigt des problématiques de logement. Le candidat LFI, qui a réalisé des scores élevés dans le quartier des Minguettes où il a grandi, se présente comme un enfant du territoire et rejette toute étiquette de parachutage.
Ce duel local s’inscrit dans un contexte national de recomposition à gauche, où La France insoumise grignote progressivement les bastions historiques du communisme municipal. Plusieurs villes de l’agglomération lyonnaise ont déjà basculé ces dernières années. Le résultat du second tour à Vénissieux sera donc scruté comme un indicateur de l’évolution des rapports de force. Un autre scrutin, celui de la Métropole de Lyon, a d’ailleurs déjà vu la liste soutenue par le député insoumis devancer celle de la maire sortante, illustrant la complexité du paysage politique local.
Les négociations pour des fusions de listes au niveau métropolitain ont buté, entre autres, sur la situation à Vénissieux, soulignant l’enjeu symbolique que représente cette ville. Dimanche, le verdict des urnes dira si l’ancrage communiste, forgé sur plusieurs décennies, résiste à la poussée d’une formation qui aspire à incarner le renouveau de la gauche.





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