Culture
L’avenir du Festival d’Angoulême se joue dans la tourmente

Les principaux éditeurs de bande dessinée rejettent le nouveau modèle d’organisation proposé, mettant en péril la tenue de l’édition 2026.
La crise institutionnelle qui secoue le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême s’est aggravée avec le rejet catégorique par les grands éditeurs du secteur du nouveau processus de sélection dévoilé cette semaine. Le Syndicat national de l’édition, représentant vingt-quatre maisons d’édition majeures, a estimé que l’édition 2026 était désormais compromise en l’état actuel des propositions.
La rupture de confiance apparaît consommée entre les professionnels du livre et l’association propriétaire de l’événement. Le président du groupe BD du SNE a souligné l’impérieuse nécessité d’une intervention des pouvoirs publics pour proposer une solution acceptable par l’ensemble des parties prenantes. Selon lui, l’absence de résolution rapide menacerait la survie même de la manifestation culturelle.
L’association organisatrice avait pourtant tenté d’apaiser les tensions en annulant la reconduction controversée de la société en charge depuis 2007 et en l’écartant du nouvel appel à projets. Cette décision, intervenue après de vives critiques émanant des créateurs et des éditeurs, n’a pas suffi à rétablir le dialogue. Les éditeurs dénoncent une méthode unilatérale et l’absence de concertation préalable dans l’élaboration du nouveau dispositif.
Les collectivités territoriales, qui financent la moitié du budget du festival, ont poursuivi leurs consultations avec l’association propriétaire. Une source proche du dossier indique qu’aucune déclaration immédiate n’était prévue, une communication écrite étant envisagée pour le week-end. Parallèlement, l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée a annoncé qu’elle ne décernerait pas son Grand Prix de la Critique lors de la prochaine édition sans réforme profonde de la gouvernance.
Cette succession de prises de position défavorables intervient à quelques semaines de l’ouverture de la 52e édition prévue fin janvier, illustrant l’ampleur des défis à surmonter pour préserver l’avenir du plus important rendez-vous mondial de la bande dessinée.

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