Monde
L’armée syrienne déployée à Soueïda après des affrontements intercommunautaires

La ville druze, théâtre de violents combats, est désormais sous contrôle des forces gouvernementales. Un couvre-feu a été instauré pour rétablir l’ordre.
Les troupes loyalistes syriennes ont pris position mardi dans la localité de Soueïda, située dans le sud du pays, marquant ainsi la fin de deux jours d’affrontements sanglants entre groupes armés druzes et tribus bédouines. Selon les autorités, ces heurts ont entraîné la mort d’une centaine de personnes. Des détonations et des tirs sporadiques ont encore été signalés après l’arrivée des militaires, selon des témoins sur place.
Cette intervention s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes depuis plusieurs mois entre les différentes communautés de la région. Les chefs religieux druzes ont publiquement soutenu le déploiement des forces gouvernementales, tout en exhortant les factions locales à déposer les armes. Un couvre-feu a été décrété par le ministère de l’Intérieur afin de prévenir de nouvelles escalades.
Les violences, qui ont éclaté dimanche, opposent principalement des combattants druzes à des tribus bédouines, historiquement rivales. Les forces régulières, initialement présentées comme médiatrices, se sont finalement engagées aux côtés des Bédouins, selon plusieurs observateurs. Des négociations avaient été entamées en vain pour tenter d’apaiser les hostilités avant l’intervention militaire.
Parallèlement, des frappes aériennes attribuées à Israël ont visé des positions de l’armée syrienne dans la région. Les autorités israéliennes justifient ces actions par la nécessité de protéger la minorité druze, tout en adressant un « avertissement clair » à Damas.
La province de Soueïda, bastion de la communauté druze, compte près de 700 000 membres de cette confession avant le conflit. Les récents événements s’ajoutent à une série de violences intercommunautaires qui fragilisent la stabilité du pays, toujours en proie à des divisions profondes après des années de guerre. Les bilans provisoires font état de près d’une centaine de victimes, incluant des civils.
Cette crise intervient dans un climat politique tendu, marqué par la défiance croissante des minorités envers le pouvoir central, accusé de ne pas garantir leur sécurité. Les répercussions de ces affrontements pourraient influencer durablement les équilibres locaux dans cette région stratégique.

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